André Forgues, âgé de 55 ans, a pris le chemin de la prison de Roberval. Il a été condamné à purger six mois de détention pour avoir forcé une enfant de 9 ans à lui faire une fellation, dans les années 1980, à Saint-Honoré.

La prison ferme pour Forgues

André Forgues, reconnu coupable d’agression sexuelle sur une enfant de 9 ans dans les années 1980, a pris le chemin de la prison de Roberval, où il passera les six prochains mois. La juge de la Cour du Québec Sonia Rouleau a conclu que la détention ferme était nécessaire pour celui qui avait forcé l’enfant à lui faire une fellation. La défense réclamait la prison de fins de semaine et des travaux communautaires.

André Forgues, aujourd’hui âgé de 55 ans, recevait sa sentence vendredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. Reconnu coupable d’agression sexuelle à l’automne, l’individu avait toujours nié le geste reproché, commis au milieu des années 1980, à Saint-Honoré, mais avait admis avoir abusé de cette même enfant quelques années plus tôt, alors qu’il était mineur et que la victime avait cinq ans. Aucune accusation n’avait toutefois été portée pour cet événement.

Lors du prononcé du verdict, la juge Rouleau avait accordé une grande crédibilité à la victime.

André Forgues a été reconnu coupable d’avoir invité l’enfant à le rejoindre dans sa chambre. Il avait baissé son pantalon et demandé à la petite de lui faire une fellation. L’enfant s’était exécuté. Forgues avait 20 ans à ce moment.

La défense demandait une peine de 90 jours de détention à purger de façon discontinue, assortie de 240 heures de travaux communautaires. La défense estimait que l’homme perdrait ses faibles acquis, notamment sa place dans un HLM et ses prestations d’aide sociale, s’il devait faire de la détention ferme. Ses faibles capacités cognitives et son absence d’antécédents judiciaires en semblables matières expliquaient, entre autres, la demande de la défense.

De son côté, le ministère public, représenté par Me Marianne Girard, avait plaidé pour une peine de 12 mois d’incarcération.

La procureure de la Couronne, Me Marianne Girard, est satisfaite de la peine imposée à André Forgues.

Détention ferme nécessaire

Dans son jugement, la juge Sonia Rouleau a noté que la détention ferme était nécessaire pour lancer un message de dissuasion. « Il s’agit d’un geste unique, mais intrusif. Le devoir de M. Forgues était de protéger cette enfant et non de l’abuser », a affirmé la magistrate.

Lors des observations sur la peine, au mois de janvier dernier, la victime avait déclaré que cet abus avait eu de graves conséquences sur elle, jusqu’à sa vie adulte.

« Tu as fermé la porte de mon enfance. Tu m’as privée de la femme que j’aurais pu être, car en raison de ce que tu m’as fait, cette femme n’a jamais existé », avait témoigné la femme.

Compte tenu de l’individualisation de la peine et tenant compte des faibles capacités intellectuelles de l’accusé, du fait qu’il a grandi dans une famille très dysfonctionnelle (d’autres membres de la famille Forgues ont été condamnés pour abus sexuel et son frère, Richard, subit actuellement son procès pour des accusations semblables) et qu’il ait été lui-même victime d’abus sexuels dans son enfance, la juge Rouleau a estimé que la peine demandée par la Couronne était trop sévère. Mais elle a jugé la peine réclamée par la défense trop clémente.

Elle a donc prononcé une sentence de six mois d’incarcération. André Forgues était en liberté jusqu’ici. Il a pris le chemin de la détention à partir de la salle d’audience et a été conduit à la prison de Roberval.

L’homme n’a pas bronché, suivant les directives de la constable spéciale qui l’a escorté.

Bien que la juge ait estimé sa peine demandée trop sévère, Me Marianne Girard s’est déclarée satisfaite de la sentence.

« Nous espérions surtout la détention ferme et c’est ce que la juge a ordonné », a affirmé Me Marianne Girard.