Le policier Pierre Girard a plaidé coupable aux accusations qui pesaient contre lui, mardi, au Palais de justice de Chicoutimi. photo le quotidien, rocket lavoie
Le policier Pierre Girard a plaidé coupable aux accusations qui pesaient contre lui, mardi, au Palais de justice de Chicoutimi. photo le quotidien, rocket lavoie

La prison en collectivité pour le policier de Saguenay Pierre Girard

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Le policier de Saguenay Pierre Girard a plaidé coupable à des accusations d’abus de confiance, de fabrication de faux documents, de fraude et de vol, mardi, au Palais de justice de Chicoutimi. L’homme, qui était notamment reconstitutionniste en scènes d’accident, a admis avoir gardé pour lui de petites sommes d’argent qui auraient dû être versées dans les coffres de la ville, entre 2016 et 2019. Le montant total des sommes recueillies illégalement se chiffre à environ 2000$. Pierre Girard écope de 15 mois de détention en collectivité, de 240 heures de travaux communautaires et il devra rembourser la somme dérobée au fil des ans.

Maintenant retraité, Pierre Girard, qui était policier à Saguenay depuis 1987, avait été accusé de plusieurs chefs de fraude, d’abus de confiance, de vol et de fabrication de faux documents, soit des cartes d’appels et des rapports d’événements, au printemps dernier. Il devait comparaître mardi, au Palais de justice de Chicoutimi, mais il a plutôt choisi de régler rapidement son dossier. 

Le stratagème de Pierre Girard a débuté en 2016. Le policier était le seul agent du service à être habilité à inspecter des véhicules, comme des remorques par exemple, qui devaient passer par un examen policier avant de pouvoir être immatriculés à la SAAQ. C’est Pierre Girard qui était chargé de vérifier si des pièces avaient été volées, par exemple, avant de donner son aval pour l’immatriculation. Ce genre de vérification coûte entre 60 et 150$ pour le propriétaire dudit véhicule. Cette somme doit ensuite être versée à la Ville de Saguenay. Le problème, c’est que Pierre Girard gardait parfois ces sommes pour lui, faisant ensuite de faux rapports dans lesquels étaient indiqué qu’aucun paiement n’avait été nécessaire. Pierre Girard a fait le même manège une dizaine de fois. 

De fausses procurations ont également été signées par le policier pour accommoder des gens, sans sommes versées cette fois-ci. Curieusement, ces personnes qui en ont bénéficié n’étaient pas connues du policier. 

La poursuite, représentée par Me Marie-Ève St-Cyr et l’avocate de l’accusé, Me Ariane Bergeron-Saint-Onge, ont présenté une suggestion de peine à la juge de la Cour du Québec, Isabelle Boillat. Une peine de 15 mois en collectivité, assortie de 240 heures de travaux communautaires. L’homme devra également rembourser les sommes volées à Saguenay. 

La procureure en défense a plaidé, comme facteur atténuant, que le policier avait dû mettre fin abruptement à sa carrière et que la médiatisation des accusations avait eu des conséquences sur son client, notamment. Elle a également affirmé que le risque de récidive était nul.

Le fait que l’homme était policier et donc, en situation d’autorité, et que les actes ont été commis durant plusieurs années ont présentés comme facteurs aggravants. 

La juge Isabelle Boillat a tout de même tenu à prendre un instant en délibéré pour étudier la suggestion. 

La magistrate a finalement accepté la peine proposée, affirmant que la dénonciation et la dissuasion étaient deux facteurs très importants dans ce cas-ci, notamment en raison du rôle du policier qu’avait Pierre Girard.