Steeve Duchesne

La prison demandée pour le fraudeur Steeve Duchesne

L'ancien conseiller financier Steeve Duchesne plaide coupable à 14 accusations de fraude auprès d'anciens travailleurs de Cascades FjordCell et à une accusation de fabrication de faux documents. Il a dérobé plus de 560 000 $ à ses 14 victimes. La détention sera demandée.
L'homme de 49 ans de la rue Simard à Saint-Ambroise a enregistré les plaidoyers de culpabilité devant le juge Pierre Simard, de la Cour du Québec. Un rapport présentenciel a été demandé et les représentations sur sentence auront lieu le 9 janvier 2018.
Me Michael Bourget, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a expliqué que Duchesne a profité du fait qu'il était le conseiller financier auprès des travailleurs de l'usine de Jonquière pour les approcher à titre individuel après la fermeture de l'entreprise.
« Nous avons prouvé qu'un lien de confiance était établi depuis longtemps. Il est clair qu'il a réussi à lui tout seul à embarquer des gens dans son stratagème. Ces gens sont pour la plupart aujourd'hui, pas nécessairement ruinés, mais ont vu leur REER être grugé », a résumé Me Bourget.
« La perte nette est de 560 000 $, mais nous ne prenons pas en considération les intérêts payés pour obtenir un prêt ou l'imposition sur les REER retirés. Des gens ont dû retirer 40 000 $ de REER pour avoir 25 000 $. Ça ne fait pas partie des pertes nettes », a mentionné Me Bourget.
Steeve Duchesne faisait miroiter des retours sur investissements de 100 pour cent. Il a mené ce stratagème de 2013 à 2016. 
« Ce qui a été démontré, c'est qu'il utilisait cette confiance-là (il s'occupait de la gestion du fonds de pension de Cascades Fjordcell). La mesquinerie, c'est qu'il l'a fait durant deux ans et qu'il a entretenu des espoirs de retour sur l'investissement. »
« Car il y a eu certains retours. Mais comme c'était pyramidal, l'accusé utilisait l'argent d'un nouvel investisseur pour rembourser le premier et montrer qu'il y avait un retour sur l'investissement. Mais il n'y a jamais eu d'achat d'actions », poursuit Me Bourget.
Duchesne, défendu par Me Gitane Smith, de l'Aide juridique, s'est payé du luxe comme des repas dans de grands restaurants de Montréal, des rénovations majeures à sa résidence et de nombreuses visites dans des bars de danseuses nues de Montréal.
« Les gens n'ont pas été naïfs. Cet espoir a été entretenu chaque semaine et d'année en année. Il a établi un lien de confiance à force de tractations. Il n'allait pas demander 25 000 $ à n'importe qui. « Il avait déjà été condamné par l'Autorité des marchés financiers (AMF) et il a été radié de l'organisation. Les perspectives de récupérer l'argent dérobé sont de zéro à nulle », a précisé Me Bourget. 
L'AMF a d'ailleurs prolongé le blocage les comptes bancaires de Duchesne et des biens saisis.
Quant à la possibilité d'un remboursement, Me Bourget n'y croit pas vraiment.
« L'homme est défendu par l'Aide juridique, ce qui signifie qu'il n'a pas les moyens de se prendre un avocat. Il ne faut pas s'attendre à ce qu'il ait une fortune. On ne peut pas s'attendre à un grand retour de ses visites dans les bars des danseuses », précise le procureur de la Couronne.
Me Bourget entend soumettre une peine de détention pour Duchesne.
« Des deux côtés, je pense que l'on demandera de la détention. Je ne peux pas aller dans la tête de la défense, mais on doit regarder ce qui est donné dans les cas de fraude des dernières années. Il est clair que je vais demander de la détention », de conclure Me Bourget.