Michel Boudreault prendra le chemin de la détention. Il reste à savoir la durée de la peine, qui variera entre trois et 48 mois.

La prison attend le joggeur agresseur

Le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, déterminera le 17 janvier 2019 la peine appropriée pour l’Ambroisien Michel Boudreault, coupable de deux introductions par effraction, de deux accusations de voyeurisme et d’une agression sexuelle sur une dame à mobilité réduite.

Le magistrat a entendu, jeudi matin, les plaidoiries de Me Jean-Sébastien Lebel, de la Couronne, et de Me Charles Cantin, en défense. Le premier suggère une peine exemplaire de 48 mois de détention, alors que le criminaliste propose une sentence de 90 jours discontinus, 240 heures de travaux communautaires et une probation de 36 mois, incluant de sévères conditions.

Boudreault a été arrêté en 2015 dans une rue de Saint-Ambroise à la suite d’une plainte d’une citoyenne qui venait d’être agressée sexuellement. Au moment de son arrestation, l’accusé avait prétendu qu’il faisait son jogging, mais ne portait pas de chaussures de course et n’avait aucune marque de sueur.

Il a avoué avoir fait du voyeurisme à deux endroits, être entré par effraction dans une résidence pour y observer une citoyenne, avoir commis une autre introduction par effraction, ainsi qu’une agression sexuelle. Dans ce cas, il avait touché les seins de la dame et tenté de mettre sa main dans son soutien-gorge et dans sa petite culotte.

Les quatre victimes ont fait valoir qu’elles étaient affectées par les gestes de Boudreault, avaient toujours des craintes et ne pouvaient plus rester seules sans avoir peur. Une victime a même dû vendre sa maison.

En plus, l’accusé a avoué, lors de la confection du rapport présentenciel, avoir fait du voyeurisme à une centaine d’occasions. Aucune accusation n’a été déposée en ce sens.

plaidoiries

Au moment de la plaidoirie, Me Lebel a justifié sa demande par le fait que l’accusé a peut-être guéri sa problématique de consommation de méthamphétamine et d’alcool, mais qu’il n’avait pas fait d’efforts pour comprendre sa problématique de déviance sexuelle.

« Il a avoué avoir commis une centaine d’infractions (voyeurisme), et cela révèle l’ampleur de la problématique. Le sexologue dit qu’il y a toujours du travail à faire, car la problématique sexuelle est toujours là. Il faut faire preuve de prudence avec la réhabilitation acquise. On peut parler de balbutiements, mais il n’y a encore rien de convaincant », a mentionné Me Lebel.

« En plus, lorsque les policiers ont dit qu’ils étaient à la recherche d’un voyeur, il s’est mis à rire à son travail et a tout de même continué à espionner ses victimes », a renchéri le procureur de la Couronne.

Il croit que la peine doit être dissuasive, surtout que l’accusé a commis des gestes graves et violents envers l’intégrité d’une victime.

« Ce ne fut pas l’histoire d’un soir, d’une erreur de jeunesse ou d’un gars sur la brosse. Ç’a duré un certain temps. Il a commis des actes pernicieux en espionnant des femmes nues qui se croyaient en sécurité dans leur résidence », a-t-il poursuivi.

En défense, Me Cantin a plaidé la réhabilitation acquise de son client, qui a cessé toute consommation de drogue depuis trois ans et qui n’a pas récidivé durant cette période.

« Le risque de récidive est assumable s’il se dote des mécanismes nécessaires pour éviter que ça se reproduise. On dit qu’il n’a plus de symptômes psychotiques et est en rémission de sa toxicomanie. Mon client est aussi prêt à suivre des programmes », note Me Cantin.

« D’ailleurs, la prise d’une dizaine (de comprimés) de méthamphétamine quotidiennement a été considérée comme une maille active dans les agissements de la chaîne délictuelle. L’arrêt de consommation pourrait éviter la récidive », a conclu le criminaliste.