Marc-André Perron

La présumée victime accusée pour une fausse enquête

La présumée victime de Marc-André Perron aurait été rencontrée, mardi, par des enquêteurs du Service de police de Saguenay (SPS), et pourrait être accusée de méfait public pour avoir déclenché une fausse enquête policière.

Selon les informations obtenues par Le Quotidien, les policiers, munis d’un mandat, ont longuement discuté avec la jeune fille de 14 ans. Celle-ci devrait éventuellement comparaître devant le Tribunal de la jeunesse.

Cette histoire remonte au 7 mars dernier. Le Jonquiérois a été arrêté pour avoir enlevé, séquestré et agressé sexuellement l’adolescente. Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, la jeune fille de 14 ans aurait inventé une histoire, car elle n’aurait pas apprécié que Perron ait couché avec une autre fille.

Devant trouver une raison pour expliquer son retour tardif à la maison, la « victime » a allégué avoir été enlevée à proximité d’un centre commercial par Perron et une femme, que l’on soupçonne être celle avec qui il aurait passé la nuit précédente. Les deux individus auraient amené leur victime dans une résidence où ils l’auraient séquestrée. Ensuite, la présumée victime prétend que son copain l’aurait agressé sexuellement.

Le Quotidien a eu la confirmation que l’enquête avait pris une autre tournure au moment où les enquêteurs ont rencontré le présumé agresseur.

À force de confronter l’adolescente, les policiers en seraient venus à la conclusion qu’il s’agissait tout simplement d’un coup monté et d’un acte de vengeance. Perron avait même des témoins pour corroborer ses dires.

Le client de Me Julien Boulianne avait été amené au Palais de justice de Chicoutimi et accusé de possession de stupéfiants dans le but d’en faire le trafic (il a donné de la drogue à des amis) et de possession d’une arme à feu sans posséder les permis nécessaires.

« J’avais mentionné qu’il fallait être prudent dans ce dossier, que ce n’était pas aussi clair qu’on pouvait le laisser entendre. J’avais discuté avec mon client après son arrestation », a rappelé Me Boulianne, après avoir appris l’arrestation et l’accusation contre la présumée victime.

Même si le dossier remonte au 7 mars, Perron n’a pas encore été accusé d’enlèvement, de séquestration et d’agression sexuelle.

Au moment du dépôt des accusations initiales (armes à feu et stupéfiants), Me Mélanie Paré, du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), avait indiqué avoir déposé les accusations pour lesquelles elle était moralement convaincue de faire une preuve hors de tout doute raisonnable et que l’enquête se poursuivait.

Il était déjà indiqué que le SPS menait deux enquêtes de front à l’endroit de Perron, mais aussi de la présumée victime pour méfait public.

Perron a été envoyé depuis en thérapie pour travailler sur sa problématique de consommation de stupéfiant.

Attouchements

Le DPCP n’a pas encore pris de décision quant au dépôt d’accusations de séquestration, d’enlèvement et d’agression sexuelle contre Perron.

Malgré la fausse déclaration, il pourrait être accusé d’attouchements sexuels étant donné qu’il y aurait eu des rapprochements entre les deux. Il faut savoir que le Code criminel canadien est très sévère envers les crimes à caractère sexuel, notamment avec les personnes âgées de moins de 16 ans. Avant cet âge, une adolescente ou un adolescent ne peut consentir à une relation sexuelle, à moins que l’autre personne n’ait pas plus de cinq ans de différence.

Dans le cas de Perron, il est âgé de 21 ans, alors que la jeune fille n’a que 14 ans.