L’accident de travail mortel s’était produit le matin du 15 mars 2017.

La présence de Jimmy Tremblay dans le séchoir inexpliquée

Le travailleur de la scierie des Industries Thomas Louis Tremblay (T.L.T) de Sainte-Monique, Jimmy Tremblay, a bel et bien succombé à une intoxication au monoxyde de carbone le 15 mars 2017. Le rapport du coroner Jean-Marc Picard confirme que le travailleur est mort à l’intérieur du séchoir numéro 5, qui était en fonction et qui dégageait des doses importantes de monoxyde de carbone. Le coroner ne s’explique pas pourquoi l’homme de 38 ans a pénétré à l’intérieur de ce séchoir et conclut à une « mort violente accidentelle ».

Le drame s’est produit tôt le 15 mars 2017. Personne n’a vu Jimmy Tremblay entrer dans le séchoir numéro 5 et c’est un collègue qui l’a retrouvé inanimé, aux alentours de 8 h 30. 

« Il n’y a eu aucun témoin de l’événement. Jimmy Tremblay travaille seul au moment de l’accident et il n’informe pas ses collègues de travail de son entrée dans le séchoir 5. Les séchoirs 1 à 4 des Industries T.L.T. fonctionnent grâce à un procédé de séchage par chauffage indirect tandis que le séchoir numéro 5 a un nouveau procédé de séchage, soit par chauffage direct. Cette nouvelle technologie, implantée chez Industries T.L.T., inclut, dans tous les séchoirs de ce type, des sondes de lecture d’humidité reliées à un programme informatique de régulation du procédé. Ces nouveautés modifient les méthodes de travail en éliminant toute intervention dans les séchoirs en cours de fonctionnement », peut-on lire dans le rapport du coroner.

« La mise en service du séchoir 5 a eu lieu le 9 février 2016. Jimmy Tremblay est le seul à avoir reçu la formation complète du fournisseur. Cette formation s’échelonne sur deux semaines et dure près de 21 heures. [...] À l’enquête, ni l’employeur, ni les travailleurs des Industries T.L.T., ni les représentants du fournisseur questionnés ne peuvent identifier un motif justifiant la présence de M. Tremblay à l’intérieur du séchoir 5 (le jour du drame) », ajoute le coroner Picard. M. Tremblay n’avait pas averti ses collègues qu’il se rendait dans le séchoir. 

Dès le 15 mars 2017, la CNESST interdit l’utilisation du séchoir numéro 5 et, dans son rapport émis le même jour, émet des mesures correctives. La CNESST exige de l’employeur quatre correctifs, soit informer les travailleurs sur les risques reliés à l’utilisation du séchoir 5, établir des procédures sécuritaires d’entrée dans le séchoir et former les travailleurs en lien avec celles-ci, s’assurer que les composants et accessoires relatifs au propane ainsi que leur installation répondent aux exigences normatives et enfin s’assurer que les portes de visite au séchoir soient contrôlées en tout temps et que seules les personnes habilitées aient accès à l’intérieur du séchoir 5. 

« Toutes ces mesures correctives ont été remplies par l’employeur. Le 9 mai 2017, la CNESST autorisait l’utilisation du séchoir numéro 5. Comme coroner, je ne peux qu’appuyer les mesures correctives émises par la CNESST pour éviter qu’un tel événement ne se reproduise », a affirmé le coroner dans son rapport, ajoutant qu’il s’agissait d’une « mort violente accidentelle ».