La peine minimale pour un grand-père abuseur

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Un homme de 55 ans de Saint-Ambroise a reconnu avoir abusé sexuellement de sa petite-fille de 3 ans, en mai 2018, lorsqu’il la gardait. Il a écopé d’une peine de trois mois de prison, la peine minimale, qu’il pourra purger de fins de semaine, en plus de 200 heures de travaux communautaires, pour avoir embrassé les parties génitales de la petite victime.

L’individu a immédiatement admis les faits lorsque les policiers sont allés le rencontrer, quelques jours à peine après l’abus. Il a ensuite plaidé coupable à une accusation de contact sexuel sur une enfant, ce qui entraîne automatiquement une peine minimale de trois mois de prison.

Les événements reprochés à l’homme, dont nous taisons l’identité pour préserver celle de sa petite-fille, se sont produits en mai 2018, alors que l’accusé gardait l’enfant. À son retour chez elle, la petite a raconté ce que son grand-père lui a fait. «L’enfant a dit à son père, lorsqu’elle était dans son bain: ‘‘Papi a goûté à mon vagin.’’ Elle a répété des paroles semblables à sa mère ensuite», a expliqué la procureure des poursuites criminelles et pénales, Me Karen Inkel. Une plainte a été déposée à la police et le grand-père s’est immédiatement incriminé, admettant son geste.

Lors de son plaidoyer de culpabilité, la confection de rapports présententiel et sexologique en vue des observations sur la peine a été ordonnée, afin d’en savoir plus sur l’individu.

Ces rapports se sont avérés positifs pour l’accusé, qui n’aurait pas d’attirance pour les enfants, selon les experts qui l’ont rencontré. Il n’aurait pas non plus de déviances particulières, outre le geste qu’il a commis. L’homme aurait également «d’immenses regrets», toujours selon les rapports. «Monsieur a comme perdu la tête un bref instant et s’est rendu compte que ce qu’il faisait n’avait pas d’allure», a ajouté Me Charles Cantin, qui représentait les intérêts du grand-père.

«Je comprends que vous avez commis l’erreur de votre vie et que vous êtes conscients que ce genre de geste est très grave», a affirmé le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec.

La Couronne demandait une peine de six à huit mois de détention ferme. «On ne parle pas d’un touché aux fesses, mais d’un cunnilingus sur une enfant de 3 ans. Dans une relation de confiance en plus», a plaidé Me Inkel.

Du côté de la défense, Me Cantin demandait trois mois à purger de façon discontinue, des heures de travaux communautaires et le dépôt d’un don à un organisme qui soutient les victimes.

Le juge Daoust n’a pas pris la question en délibéré. Il a opté pour la suggestion de la défense, affirmant que le geste était très grave, certes, mais que l’accusé avait plusieurs facteurs atténuants qui penchaient en sa faveur.

Son suivi thérapeutique, sa collaboration lors de l’enquête, son absence d’antécédents judiciaires, ses regrets, sa sobriété – il avait des problèmes d’alcool au moment des faits – et sa bonne conduite expliquent la décision du juge.

«C’est clair qu’il doit y avoir de la détention, car les crimes sur les enfants sont des gestes vicieux dont nous devons nous occuper en tant que société. Il faut le faire le plus sévèrement possible, tout en préservant ce que l’accusé a accompli (notamment d’être suivi en sexologie)», a expliqué le juge Richard P. Daoust.

«Heureusement, cet enfant-là était en mesure de s’exprimer et elle a pu le faire pour dénoncer», a affirmé le magistrat.

L’homme devra se présenter à la prison de Roberval pour y être incarcéré durant 45 fins de semaine. Il devra aussi accomplir 200 heures de travaux communautaires et verser un don de 1500$ à un organisme. Il sera également contraint à une probation de deux ans.