Vincent Gagné est accusé d’avoir agressé sexuellement deux escortes à Jonquière en mars dernier.

La liberté d’un présumé agresseur de Jonquière refusée

Vincent Gagné, le présumé agresseur sexuel de Jonquière, demeure derrière les barreaux. La Cour supérieure du Québec a rejeté la demande de la défense de le remettre en liberté en raison des délais encourus depuis son arrestation en mars 2019.

Le juge Louis Dionne a entendu la cause de Gagné, mercredi matin, au Palais de justice de Québec. Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et Me Julien Boulianne, en défense, ont fait valoir leur point de vue respectif sur cette affaire.

Gagné, qui est détenu depuis près de 180 jours, avait le droit de demander une remise en liberté étant donné qu’il est incarcéré depuis plus de 90 jours.

Il faut savoir qu’en mars dernier, les juges de la Cour suprême du Canada ont rendu une décision importante pour les accusés détenus dans un centre de détention du Canada.

Ainsi, l’arrêt Myers vient clarifier un article du Code criminel selon lequel le cautionnement d’un détenu doit être revu dans les 90 jours suivant sa dernière ordonnance de détention.

Vincent Gagné a été arrêté le 22 mars 2019. Il a été accusé de deux agressions sexuelles armées (à l’aide d’un couteau), de deux vols qualifiés et de bris de probation et d’engagement.

Il fait face à 11 chefs d’accusation. Gagné aurait agressé deux escortes. L’individu voulait obtenir des faveurs sexuelles et il aurait forcé les deux femmes à une pénétration complète, mais non désirée par les plaignantes. Les événements se seraient produits en pleine nuit, en plein air, derrière une résidence de la rue Saint-Gérard à Jonquière.

Au moment de sa comparution, le ministère public s’est opposé à sa remise en liberté en raison de la gravité des gestes qui lui étaient reprochés. Même le criminaliste avait renoncé à l’enquête caution, en tenant compte des accusations, des antécédents judiciaires et du fait qu’il était en attente de procès dans d’autres dossiers criminels.

Près de six mois plus tard, Me Boulianne s’est donc adressé à la Cour supérieure du Québec en invoquant l’arrêt Myers afin de tenter de remettre son client en liberté.

Me Boulianne a fait valoir que son client n’aurait pas droit à un procès devant un juge et un jury avant 12 à 18 mois, ce qui pourrait occasionner des délais importants et pourrait conduire à un éventuel arrêt des procédures dans le cadre de l’arrêt Jordan.

« J’ai indiqué au tribunal que quatre autres procès à venir devant jury ont plus d’ancienneté que le dossier de mon client. Je peux penser que M. Gagné n’aura pas droit à un procès avant 12 à 18 mois », a précisé Me Boulianne.

Avant que Gagné n’ait droit à son procès, la Cour supérieure du Québec devrait normalement entendre les affaires de Marc-Étienne Côté, accusé du meurtre d’Israël Gauthier-Nepton, de Stéphanie Frenette, qui fait face à des accusations de voies de faits graves sur un enfant de 23 mois, et de Karl-Emmanuel Villeneuve, qui aurait assassiné Alexandre Larouche.

Seul le procès du rappeur David Gilbert a été fixé pour une durée de trois à quatre semaines en novembre.

Le juge Dionne a indiqué que les délais étaient encore acceptables, à ce stade-ci des procédures, et que certains procès pourraient être fixés aux prochaines assises criminelles de décembre.