Karl-Emmanuel Villeneuve a échoué dans sa tentative de recouvrer sa liberté. Il a essuyé un deuxième échec en ce sens et demeure détenu en attendant la suite des procédures judiciaires.

La liberté de Villeneuve refusée

Le Chicoutimien Karl-Emmanuel Villeneuve reste derrière les barreaux. La Cour supérieure du Québec a rejeté sa requête afin de recouvrer sa liberté. Il demande maintenant une date rapide pour la tenue de son procès devant juge et jury pour le meurtre au premier degré d’Alexandre Larouche.

Le juge Carl Thibeault, de la Cour supérieure, a rendu sa décision après que Me Mélanie Paré, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et Me Jean-Marc Fradette, en défense, aient fait valoir leur point de vue sur la remise en liberté du jeune homme de 21 ans.

Une ordonnance de non-publication empêche les médias de relater les faits nouveaux amenés par la défense, de même que tous les éléments liés au meurtre de la rue Johanna, le 29 juillet, où Alexandre Larouche a été tué.

Le magistrat a estimé que la détention du prévenu était nécessaire afin de ne pas miner la confiance du public envers l’administration judiciaire, que les probabilités d’une condamnation étaient présentes et que l’acte d’accusation était tout de même important.

Il va sans dire que la pente était assez abrupte pour convaincre le tribunal d’accorder une remise en liberté à un individu accusé de meurtre au premier degré.

« Je suis cruellement déçu. C’est extrêmement décevant. Nous étions convaincus que la preuve offerte répondait aux critères de ce type de requête en révision. Il y avait des faits nouveaux et des justificatifs, mais ils n’ont pas convaincu le juge qu’ils étaient suffisamment probants à ce stade-ci pour justifier la remise en liberté », note Me Fradette.

« Je crois que c’est l’encadrement fourni qui ne rassure pas encore le tribunal sur le fait que l’accusé devrait être remis en liberté. Il mentionne qu’il s’agit d’une accusation grave, que s’il est reconnu coupable, une peine importante l’attend. C’était la seule occasion de demander une révision », d’ajouter le criminaliste.

Du côté de la Couronne, Me Mélanie Paré se montre satisfaite de la décision du tribunal, ajoutant que le juge avait appliqué tous les critères en matière d’une révision judiciaire.

« Ça prenait des faits nouveaux et des faits nouveaux suffisants qui auraient pu faire un changement si le juge Pronovost (1re décision) les avait eus lorsqu’il a rendu sa décision en janvier dernier », de préciser la procureure du ministère public.

« Le juge Thibeault a analysé les représentations et en est venu à la conclusion que M. Villeneuve devait demeurer détenu durant les procédures. C’est rassurant, mais il est clair que notre position était qu’il devait demeurer détenu », d’indiquer Me Paré.

Procès rapide

Me Fradette croit que la décision rendue par le juge Thibeault pourrait favoriser la tenue d’un procès à courte échéance.

« Le juge pourrait favoriser une date rapide, car le procès devient nécessaire. Ce sera au jury de déterminer la qualité de la preuve et de sa valeur probante. Assurons-nous d’avoir un procès rapide et si c’était dans une période de quatre mois, ce serait bien correct afin de vider la question sur la culpabilité ou non de mon client », poursuit Me Fradette.

Ce dernier ne cache pas qu’il lui sera difficile de préparer le procès alors que son client se trouve sous les verrous.

« C’est extrêmement difficile pour la collaboration qu’il peut nous donner, pour nous guider et pour regarder la preuve. C’est compliqué et ça travaille mal. Dans un procès de meurtre, ce n’est pas l’idéal de le faire à la prison. »

Me Paré ne sait pas si la décision amènera la Cour supérieure du Québec à fixer une date rapide pour un procès devant jury.

« Plusieurs critères font en sorte que l’accusé doit avoir un procès. Nous allons prendre en considération le fait qu’il est détenu. Les délais de l’arrêt Jordan vont compter pour lui comme pour les autres détenus. Certains dossiers sont plus vieux que celui de M. Villeneuve et ils auront préséance. Nous ne sommes pas dans un gros district judiciaire et nous ne pouvons en tenir deux en même temps. Un procès devant jury est prévu en novembre déjà », ajoute Me Paré.