Le meutrier Michel Fortin aura profité d’une certaine liberté durant plusieurs mois jusqu’en août dernier. Il retrouvera sa liberté en août 2019.

La liberté de Michel Fortin révoquée en août

L’auteur du double meurtre du bar La Traverse, de Chicoutimi, Michel Fortin, doit retourner à l’ombre. Pour une troisième fois, sa liberté a été révoquée, le 3 août dernier, par la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC). Fortin a menti à son équipe de gestion et n’a pu justifier un retrait de 2300 $.

Fortin, aujourd’hui âgé de 48 ans, purge une peine de détention à perpétuité, depuis 2000, pour deux meurtres au deuxième degré commis en octobre 1999.

Dans la nuit du 14 au 15 octobre 1999, Fortin, concierge au bar de la rue Racine, à Chicoutimi, se chicane avec des clients. Fortin n’apprécie pas.

Il quitte l’établissement et monte à son logement, situé au-dessus du bar. Il y prend son arme à feu et redescend dans le débit de boisson. Il tire en direction d’André Simard et de Stéphane Murray. Les deux hommes meurent sur le coup. En tirant les coups de feu, Fortin blesse deux autres clientes du bar.

Sept mois plus tard, il a plaidé coupable à des accusations de meurtres au deuxième degré.

Fortin se trouvait en semi-liberté depuis septembre 2016. La CLCC avait même été en mesure de prolonger ces périodes à deux occasions en novembre 2016, en mai et en décembre 2017.

Envoyé au Centre résidentiel communautaire (CRC), le détenu s’est alors montré réfractaire aux modalités de surveillance. Les intervenants ont dû établir des balises dans certaines situations. Fortin a été en mesure de faire une remise en question, mais il a été déterminé qu’un travail restait à faire, notamment sur ses perceptions erronées sur sa rigidité, sa gestion des émotions, sa sexualité et sa transparence.

Relevé

Les choses ont tourné au vinaigre pour Fortin lorsque les membres de l’équipe de gestion de cas (EGC) lui ont demandé, en mai 2018, de fournir un relevé de compte bancaire afin de vérifier l’état de ses finances.

L’individu a répondu à la demande, mais l’information fournie ne permettait pas de voir les transactions bancaires. Un relevé plus détaillé a été demandé.

En le recevant, les membres de l’EGC ont noté des retraits répétés de plusieurs centaines de dollars dans des guichets.

« Vous n’avez pas été en mesure d’expliquer vos dépenses non justifiées pour un total de 2300 $ en avril 2018. Lorsque vos relevés bancaires, depuis janvier 2018, ont été vérifiés, votre ÉGC a constaté que vous aviez fait des retraits importants à répétition, et ce, dans des guichets qui ne concordaient pas tous avec les déplacements déclarés dans votre cahier de mobilité », écrivent les commissaires.

Fortin a nié avoir eu recours à des prostituées ou avoir consommé avec l’argent retiré. L’individu a aussi effacé l’historique de ses appels, sans fournir d’explications.

L’ÉGC a donc suspendu immédiatement la semi-liberté de Fortin. Lors d’une rencontre suivant cette décision, Fortin a avoué avoir menti et a fini par avouer avoir eu recours aux prostituées à raison d’une fois par semaine depuis janvier 2018.

La Commission révoque donc la semi-liberté, étant convaincue qu’une récidive est possible et que l’individu représente un risque inacceptable pour la société.

Deux fois 

Condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération avant 10 ans (2010), Fortin a obtenu une première remise en liberté, sans escorte, en 2011. Mais cette semi-liberté lui avait été enlevée en 2013. Fortin se trouvait dans un « crack house » et avait sorti des économies afin de se payer les services de prostituées.

En mars 2016, l’assassin profite d’une deuxième chance de se trouver loin du pénitencier. Mais il n’aura vu le soleil que durant deux mois. Il l’avait récupéré en septembre jusqu’à ses derniers dérapages.

La commission des libérations conditionnelles a déterminé que le risque n’était plus assumable dans son cas.

Michel Fortin doit maintenant patienter jusqu’au mois d’août 2019 pour demander une libération conditionnelle totale.