La justice se réorganise à la vitesse grand V

Les visites aux détenus suspendues dans les prisons provinciales et les pénitenciers fédéraux, les transferts entre établissements limités, les procès retardés devant les tribunaux du pays ; la justice est sur pause, sauf pour les urgences. Les accusés et les témoins seront contactés au cours des prochains jours, mais pour l’instant, le milieu judiciaire se réorganise à la vitesse grand V et la situation change d’heure en heure.

Dès lundi, une réduction importante du niveau de services dans les palais de justice entrera en vigueur. Seules les affaires urgentes seront entendues. Par affaires urgentes, on entend les comparutions des détenus et les enquêtes sur remise en liberté, par exemple. Les étapes judiciaires des accusés en liberté devraient quant à elles être reportées. Le but est d’éviter que les palais de justice deviennent des lieux achalandés, comme c’est habituellement le cas.

« Le Barreau est d’avis que la protection du public commande la réduction de l’activité judiciaire à l’essentiel. Les citoyens doivent pouvoir prendre les précautions nécessaires en matière de santé et organiser leurs activités familiales, plutôt que de passer du temps dans les palais de justice », a affirmé le bâtonnier du Québec, Paul-Matthieu Grondin.

Il n’y a toujours pas de consigne pour les accusés, les victimes et les témoins de rester chez eux, mais ces gens seront contactés dès lundi. Et il ne devrait pas y avoir de conséquences pour ceux qui ne se présentent pas en cour, notamment les gens à risque et ceux de 70 ans et plus.

« En pareille situation, on ne peut [pas] obliger des gens à se rendre en cour alors qu’on empêche des gens à jouer au bowling », image le criminaliste Me Charles Cantin, qui ajoute que cela concerne autant les accusés en liberté que ceux incarcérés.

« Les urgences ne concernent vraiment que les détenus », a ajouté celui qui reçoit plusieurs appels de clients depuis vendredi. L’avocat devait partir en voyage, mais il a annulé ses vacances.

Les juges des différentes cours devront s’adapter rapidement. Lundi sera le jour 1 des nouvelles mesures en ce qui concerne le milieu judiciaire.

« Au niveau de la justice, l’adaptation est quand même faisable. La discipline est une garantie de non-propagation. C’est pourquoi les services essentiels seront couverts. Les détenus auront plus que jamais la priorité. Les enquêtes caution, qui sont déjà régies par certains délais, se tiendront sans trop d’encombrement, ce qui arrive occasionnellement. Les procès et les enquêtes préliminaires avec détenu pourraient également bénéficier d’un horaire transformé », a expliqué Me Cantin.

Les comparutions par visioconférence seront également privilégiées.