La huissière vole la juge

S’il y a un endroit où un juge doit se sentir en sécurité, c’est bien dans son bureau au palais de justice. Et s’il y a des gens en qui il doit pouvoir avoir confiance, c’est le personnel de l’édifice. Mais une huissière du Palais de justice de Chicoutimi a fait fi de ce sentiment de sécurité en dérobant environ 150 $ dans le porte-monnaie... d’une juge de la Cour supérieure du Québec.

Le Quotidien a appris que Sabrina Desbiens a été accusée d’un vol simple d’une valeur de moins de 5000 $.

L’employée a été suspendue de ses fonctions et n’a plus le droit de remettre les pieds à l’intérieur de la maison de la justice de la rue Racine, à Chicoutimi, si ce n’est que pour revenir y cueillir ses objets personnels et pour régler les derniers détails relatifs à la fin de son emploi.

Le dossier est apparu sur le rôle criminel de la salle 2,10 du Palais de justice de Chicoutimi mardi matin. Une affaire parmi tant d’autres à l’intérieur des quelque 20 pages du rôle.

Mais lorsque l’avocat en défense, Me Charles Cantin, a demandé de modifier certains engagements de la dame afin qu’elle puisse avoir accès à son ancien lieu de travail sans être accompagnée d’un constable spécial ou d’un agent de sécurité, quelques questionnements sont apparus.

Sabrina Desbiens, qui comptait une dizaine d’années d’expérience, aurait volé environ 150 $ à une juge installée à Chicoutimi.

Selon nos informations, la huissière aurait profité des séjours de la juge sur le banc pour se faufiler dans les bureaux que celle-ci occupe au troisième étage du Palais de justice de Chicoutimi. Les portes des magistrats sont très peu souvent fermées et encore moins barrées.

Il semblerait que les autorités du palais de justice avaient des soupçons depuis l’automne 2017 voulant qu’une personne volait dans les bureaux des juges, mais les responsables n’avaient pas de preuves.

Avec l’autorisation des magistrats, ils ont procédé à l’installation de caméras de surveillance dans la zone sécurisée des bureaux des juges.

À l’analyse des enregistrements, les responsables du palais ont été en mesure d’identifier la huissière. 

Ils ont pu l’accuser de ce vol simple, mais n’ont pas été en mesure de démontrer que d’autres vols avaient été commis.

Zone sécurisée
Le fait de dérober un juge ou un citoyen ne fait pas une grande différence au regard de la loi. Un vol, c’est un vol.

Là où le bât blesse, c’est que les vols ont eu lieu dans le bureau d’une juge à l’intérieur du palais de justice, là où un magistrat et les autres employés de la justice doivent se sentir en sécurité et à l’abri d’un délit.

Les bureaux des magistrats ne sont pas ouverts au public. Peu de gens ont un accès aux zones sécurisées des deuxième (Cour du Québec) et troisième (Cour supérieure du Québec) étages du Palais de justice de Chicoutimi.

L’employée du ministère de la Justice a été relevée de ses fonctions et suspendue sans solde. Elle tente de régler les derniers détails de ses infractions criminelles et tentera alors de passer à autre chose.

Interrogé sur cette affaire, Me Cantin a confirmé que l’accusée œuvrait comme huissière au Palais de justice de Chicoutimi, mais n’a pas voulu donner de détails en lien avec les accusations.