La famille a tout tenté

La famille de Marie-Élyse Tremblay a essayé de l'éloigner de son conjoint violent, mais sans succès. «On a été la chercher plusieurs fois, affirme la mère de la victime, Thérèse Grenon. On a fait des démarches. Mais elle retournait tout le temps avec lui.»
Au début de 2011, la plus vieille de quatre enfants est retournée dans sa famille, au Saguenay, pour faire le point. À la Saint-Valentin, elle craque et part retrouver Simon Charbonneau. C'est la dernière fois que ses proches l'ont vue vivante.
«Pour nous, c'est marqué, dit Mme Grenon. Il n'y a plus de Saint-Valentin pour nous.»
Elle tente d'appeler sa fille le 28 février, mais c'est plutôt un policier qui l'appelle. «Il m'a dit que je ne pouvais pas lui parler parce qu'on l'amenait à l'hôpital.» Marie-Élyse Tremblay n'a pas survécu à ses blessures.
«En tant que père de famille, je le prends comme un échec, dit Mario Tremblay. C'est très dur d'accepter les événements.»
Tourbillon
Encore aujourd'hui, la famille de Jonquière, rencontrée à l'extérieur de la salle d'audience du palais de justice de Granby, comprend difficilement comment leur fille a été aspirée par le tourbillon de la violence conjugale. «Elle avait du caractère, pourtant, dit Mme Grenon. C'était même la fille qui aidait ses amies qui avaient ce genre de problème.»
«Elle a oublié le principe ''aide-toi toi-même''», estime Simon Tremblay, le frère de Marie-Élyse.
Dès le début, leur gendre ne leur a pas fait bonne impression. «Mon mari a dit: ''il n'est pas correct ce gars-là'', dit Mme Grenon. Mais on s'est dit qu'on lui donnerait une chance. Mon Dieu qu'on a regretté d'avoir fait ça.»
Horrible
Simon Charbonneau a été horrible avec sa fille, dit-elle. Il la frappait, la menaçait de mort et contrôlait ses allées et venues. Le couple se disputait fréquemment. À une époque, Marie-Élyse a installé des chaînes à ses portes d'entrée afin d'empêcher son conjoint de faire irruption chez elle.
Mme Grenon espère que son témoignage servira à d'autres femmes aux prises avec ce problème. Car comme les autres membres de sa famille, elle juge la sentence insuffisante. «Il va s'en sortir avec très peu, et quand il va sortir, il va continuer le même ''pattern'' avec une autre fille venue de loin, dont les parents sont loin.»