La Couronne réclame 20 mois pour Lavoie

Le ministère réclame une peine de détention de 20 mois alors que la défense estime qu'une sentence d'incarcération de douze mois est suffisante pour Frédéric Lavoie.
Arrêté en novembre 2012, le Dolmissois a admis en avril dernier qu'il avait eu en sa possession du matériel pornographique juvénile pendant une période de 12 ans. À au moins quatre reprises, il a aussi admis en avoir partagé sur Internet.
L'individu de 34 ans a été appréhendé à sa résidence par l'Équipe d'enquête sur l'exploitation sexuelle des enfants sur Internet de la Sûreté du Québec. Quelques mois avant, des policiers de l'Allemagne l'avaient détecté sur le Web.
Lors des représentations sur sentence tenues, hier après-midi, au Palais de justice de Roberval, un enquêteur de Québec a raconté au tribunal qu'il avait analysé le contenu du matériel saisi chez Frédéric Lavoie.
Ayant travaillé sur une trentaine de dossiers similaires, le policier a raconté au juge Richard P. Daoust qu'il n'avait jamais vu quelqu'un avoir autant de fichiers de pornographie juvénile en sa possession, affirmant que Lavoie était « un collectionneur qui ne jetait pas le matériel qu'il possédait ».
Les CD, DVD et ordinateurs analysés contenaient 13 296 images de pornographie juvénile qui présentait des filles de 3 à 14 ans alors qu'elles se livraient à des activités sexuelles ou des fellations. Des images montraient aussi des fillettes de 2 à 10 ans en train de se faire abuser par des hommes d'âge adulte alors que des dessins animés d'enfants exploités sexuellement ont aussi été retrouvés.
Également, 2568 photographies de nudité juvénile et 2135 images où l'on voyait des fillettes en tenue légère ont été recensées par la SQ. Quelque 220 vidéos de pornographie juvénile ont aussi été répertoriées.
Pendant sa plaidoirie, la procureure de la Couronne, Me Amélie Savard, a qualifié d'odieux les crimes commis par le Dolmissois. Elle a insisté sur la spécificité du crime et les facteurs aggravants relatifs à ce dossier, tels que l'âge des victimes, la période durant laquelle les gestes ont été commis et le nombre important d'images retrouvées.
« Pour nous, cette peine doit être dissuasive. J'estime qu'il s'agit d'un crime odieux envers lequel la société a un sentiment de réprimande assez fort », a commenté Me Savard.
Pour sa part, l'avocat de la défense, Me Jean-Marc Fradette a mis l'emphase sur la prise en main de son client qui a demandé à être évalué sur le plan sexologique après sa première comparution. Il a ensuite demandé de suivre une thérapie. « Il avait une problématique de dépendance à la pornographie et il a tout fait pour la traiter. Étant donné qu'il n'a aucun antécédent, on n'a aucune raison de croire que cet individu récidiverait. L'année de détention que l'on demande est la peine minimale prévue par la loi. Dans le cas contraire, on n'aurait pas demandé de détention puisque nous sommes vis-à-vis un cas de réhabilitation acquise à toutes fins utiles ».
Le juge Richard P. Daoust a pris la cause en délibéré. Il rendra sa sentence vendredi, au Palais de justice de Roberval.