La Couronne réclame 18 mois pour Me Desbiens

La représentante du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Rachel Gagnon, réclame une peine de 18 mois d'incarcération pour l'ancien bâtonnier régional des avocats, Me Claude Desbiens.
L'avocat a agressé sexuellement une fillette de 11 ans à son chalet de Saint-David-de-Falardeau, en 1996.
La défense demande quant à elle une peine dans la collectivité puisque le délit a eu lieu avant l'introduction de la sentence minimale d'un an.
Le représentant de Desbiens, Me Luc Tourangeau, indique que son client est présentement en «dépression modérée» et que son assurance personnelle et celle du Barreau des avocats du Québec refusent de l'indemniser ou d'assumer ses dépenses. 
Il n'a plus de client, selon son avocat, puisque son droit de pratique a été suspendu en attente de la décision du Syndic.  Il fera «probablement faillite», a déclaré Me Tourangeau au juge Pierre-Laurent Rousseau de la Cour du Québec.
Événements
En 1996, l'enfant de 11 ans est invitée par Claude Desbiens à passer la nuit à son chalet du lac Durand, après une fête.  Sa femme, sa belle-soeur et son enfant, ainsi que ses deux fils y séjournaient.
De la musique est jouée, on danse et de l'alcool est consommé.  Alors que tous sont couchés dans l'une et l'autre des deux chambres du petit chalet, l'avocat demeure assis dans la pièce commune.
Au cours de la nuit, il s'introduit dans la chambre de ses fils et de la victime. Il feint de tomber sur elle.
La victime a déclaré avoir senti des frottements du pénis en érection de Desbiens.
L'agresseur quitte la chambre pour y revenir 30 minutes plus tard. Il recommence son manège.
L'enfant se rend alors à la salle de bain.
Lorsqu'elle en ressort, Desbiens lui fait la conversation de façon anodine, pour l'amadouer.  Il lui offre des cigarettes et de la bière.  La belle-soeur, à demi-éveillée, entend des bruits de paroles et de décapsulage, et sent l'odeur de cigarette.
Desbiens se masturbe et approche la main de la victime vers lui pour continuer.  Il lui offre de lui faire plaisir et touche à ses parties génitales.
À ce moment, l'un de ses fils se réveille et voit son père et la fillette par une ouverture au-dessus de la porte de la chambre.  Il réveille son frère qui crie: «Papa, lâche-là!»
La conjointe se réveille et entre dans la pièce commune en colère.  Elle apostrophe Desbiens et lui demande ce qu'il «a fait à la p'tite».  Il lance tout de suite: «Je n'ai rien fait. Je ne l'ai pas touchée.  Elle m'a demandé une bière et des cigarettes».
La femme le giffle, discute à l'extérieur du chalet avec lui, puis lui ordonne de venir se coucher dans la chambre des adultes.
Le lendemain, Desbiens raccompagne la fillette après lui avoir acheté un paquet de cigarettes, sans mot dire aux parents.
Pendant des années, personne n'a parlé de cette affaire. À l'âge adulte, la victime a porté plainte, ce qui a entraîné un procès de quelques jours au début de 2013.
Le juge Rousseau a pris les suggestions des avocats en délibéré et rendra sa décision le 17 avril.
D'ici là, Desbiens demeure en liberté sur engagement.