Le policier de la SQ Maxime Gobeil subit son procès qui devrait durer huit jours.

La Couronne étale sa preuve contre le policier Gobeil

Le juge Pierre Simard, de la Cour du Québec, déterminera au terme d’un procès de huit jours si le policier de la Sûreté du Québec, Maxime Gobeil, est coupable ou non de conduite dangereuse causant la mort.

Les audiences débutent mardi matin au Palais de justice de Roberval. Me François Godin, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) de Québec, fera entendre ses témoins jusqu’à vendredi. Les parties auront ensuite une semaine de répit, avant que la défense, représentée par Me Hurout Huladjan, ne fasse valoir ses éléments de défense du 1er au 4 octobre.

Le 18 juillet 2015, le patrouilleur Maxime Gobeil, de la Sûreté du Québec, conduit un véhicule semi-banalisé de l’organisation policière lorsqu’il entre en collision avec l’automobile des trois victimes, qui venait de s’engager sur la route 169 à la hauteur de la résidence Saint-Michel, à Dolbeau-Mistassini.

Gobeil suit alors deux véhicules de patrouille de ses collègues qui sont appelés à répondre à une urgence, un dossier de violence conjugale, à Sainte-Jeanne d’Arc.

Si le conducteur du véhicule des victimes, Georges Martel, semble avoir vu passer les deux véhicules de la SQ, il n’aurait pas aperçu celui conduit par Maxime Gobeil.

La collision a causé la mort de M. Martel (80 ans), de même que celle des deux passagères, sa conjointe Louiselle Laroche, âgée de 71 ans et la mère de celle-ci, Cécile Lalancette (89 ans). Les trois personnes se rendaient à des funérailles.

ACCUSATIONS

Les enquêteurs du Service de police de la ville de Québec (SPVQ) ont mené l’enquête de cet accident mortel dans les heures qui ont suivi le drame.

Les policiers de la capitale nationale ont mis un terme à leur enquête en novembre 2015 et ont ensuite soumis leur dossier au bureau du DPCP de Québec au début de 2016.

Et le 8 septembre 2016, la Couronne de Québec a officiellement déposé les accusations de conduite dangereuse causant la mort contre l’agent Gobeil. 

Le DPCP en a fait l’annonce après avoir analysé la preuve qui leur avait été soumise.

Le patrouilleur de la SQ, âgé de 33 ans, est passible d’une peine d’emprisonnement. Le Code criminel canadien ne prévoit aucune peine minimale, mais précise que la peine maximale est de 14 ans de détention. Le policier est suspendu avec solde depuis le dépôt des accusations, soit depuis un peu plus d’une année.

MODIFICATIONS

Le triste événement de juillet 2015 avait suscité de nombreuses réactions et plusieurs interrogations sur la façon de faire des policiers.

Des gens se sont demandé s’il était justifié de circuler à haute vitesse afin de répondre à un appel d’urgence. 

Était-ce nécessaire de le faire avec un véhicule semi-banalisé, alors que deux autres patrouilles étaient déjà en direction de l’événement ?

Sans en donner la réponse, la direction provinciale de la SQ a mis en place, cinq jours après l’accident mortel, des mesures transitoires afin de restreindre l’utilisation de ces véhicules.

Cette décision avait été prise avant même que l’enquête indépendante du SPVQ ne soit terminée, le directeur général de la SQ Martin Prud’Homme (nommé depuis à la police de Montréal) voulait alors assurer la sécurité des citoyens et de ses policiers.

Ainsi, les voitures de la SQ, noir sur noir ou blanc sur blanc, ont immédiatement cessé d’être utilisées pour faire de la patrouille et encore moins pour répondre à des urgences. 

La mesure transitoire est devenue permanente.

Il faut savoir que les véhicules semi-banalisés, peu identifiés à un corps policier, servent à repérer les comportements dangereux des automobilistes. Comme elles sont plus difficilement détectables, elles deviennent beaucoup moins visibles pour les conducteurs.