La Cour donne raison à la résidence funéraire

La Cour donne raison pour une deuxième fois à la Résidence funéraire du Saguenay dans l’affaire qui l’oppose à Serge Gagnon. Ce dernier, rappelons-le, conteste le déroulement des obsèques de sa mère, décédée il y a près d’un mois.

La dame avait signé un contrat de préarrangements funéraires en 2010, stipulant qu’elle ne voulait pas que son corps soit exposé dans une cérémonie publique à l’église. Son fils et héritier exige quant à lui une exposition complète, ce que la résidence refuse d’accorder. 

Un premier jugement en faveur de la résidence a été rendu il y a plus d’une semaine. Gagnon a porté en appel cette décision justifiant la découverte soudaine d’une lettre signée par sa mère et exprimant ses dernières volontés. 

Présentée au tribunal, vendredi, la lettre dactylographiée n’a pas convaincu le juge. 

« Le document qu’ils ont tenté d’introduire n’était pas un document authentique. Le juge a dit que c’était invraisemblable ce qu’il a soumis en preuve. Le document, moi je n’y croyais pas. J’étais convaincu que ce n’était pas recevable. Le juge a retenu nos arguments, ce qui met fin à notre dossier », répond l’avocat de la résidence, Me Régis Gaudreault, rencontré à l’issue de l’audience tenue au Palais de justice de Chicoutimi, vendredi matin. 

Représenté par Me Bruno Cantin, Serge Gagnon n’a pas caché sa volonté de porter une fois de plus en appel cette décision. 

« Je vais me battre jusqu’au bout pour faire respecter les dernières volontés de ma mère », insiste l’homme. 

Son avocat préfère quant à lui analyser la décision avant de confirmer s’il continuera la lutte.

« On est à chaud, on va discuter moi et mon client et on verra, laisse tomber Me Cantin. Mais vous savez que c’est une première. Ça n’a jamais été judiciarisé une situation semblable. Il y a toujours eu des arrangements entre les résidences et les clients. Les résidences ont les yeux sur nous. Parce que finalement, ce jugement va faire en sorte que les résidences vont avoir les mains liées avec leur contrat. Alors qu’il est de commune renommée et même eux (Résidence du Saguenay) ont un formulaire prescrit qui permet de modifier les arrangements funéraires par les héritiers. Ça existe et il faut que ça se sache », ajoute l’avocat de Gagnon.

Le corps de la dame âgée de plus de 90 ans se trouve à la résidence depuis près d’un mois. La direction de l’établissement souhaite procéder aux funérailles lundi. Mais avant de planifier le tout, la résidence doit s’entendre avec l’héritier pour fixer la date de la cérémonie privée.