Keven Beaupré évite le pénitencier

Keven Beaupré évite le pénitencier. Pour avoir vendu de la méthamphétamine en grande quantité, le jeune homme de 26 ans s'est vu imposer une peine de prison de deux ans moins un jour, hier matin, au Palais de justice de Roberval.
Ses démarches pour se reprendre en main, la thérapie en toxicomanie qu'il a réussie avec brio et son désir de se réhabiliter sont au nombre des éléments qui ont joué en sa faveur.
Beaupré a été arrêté par la police lors de l'opération Muscle, le 30 mai 2013. Quinze jours auparavant, il avait aussi été appréhendé.
L'enquête policière démontre que l'individu avait eu en sa possession 10 500 comprimés de méthamphétamine et qu'il avait fourni l'un des revendeurs de l'homme fort Jacki Ouellet, soit Michael Ouellet-Bouchard. Ces deux personnages jouaient un rôle important dans le réseau démantelé par les forces de l'ordre. Ils ont écopé respectivement de peines de 36 et de 30 mois d'emprisonnement.
Lorsqu'il est apparu dans le box des accusés, Beaupré a préféré rester debout pour écouter les propos du juge de la Cour du Québec, Richard P. Daoust.
La Couronne réclamait une peine d'incarcération de 42 mois dans un pénitencier. Pour sa part, l'avocat de la défense, Me Denis Otis, avait proposé une sentence de 12 mois de prison. Le juge a finalement opté pour une peine de deux ans moins un jour à laquelle il soustrait un peu plus de quatre mois de détention préventive.
En rendant sa décision, le magistrat a fondé ses espoirs sur la réhabilitation de Keven Beaupré. Il a souligné qu'il s'était basé sur plusieurs facteurs atténuants pour faire diminuer le quantum de la peine qu'il a infligée au jeune homme. Il a rappelé qu'une sentence dans un pénitencier s'impose généralement lorsque les gens sont reconnus coupables d'avoir vendu des drogues dures.
Le juge Richard P. Daoust a noté que l'accusé avait reconnu sa culpabilité, qu'il était soutenu par ses proches et qu'il avait un plan concret afin de servir de modèle pour la société. La réussite de sa thérapie avec des mentions d'excellence et un rapport favorable de son agent de probation ont également penché dans la balance.
«Le juge est allé dans le bas de la fourchette pour ce genre de trafic. Il a tenu compte de la réhabilitation. M. Beaupré a fait une thérapie de six mois à la Maison Carignan et on le reconnaît. C'est une thérapie difficile à réussir», a commenté la procureure de la Couronne au dossier, Me Marie-Anne Robert.
Parmi les facteurs aggravants, le Tribunal a retenu les antécédents judiciaires de Keven Beaupré en matière de stupéfiants, la nature de la drogue saisie ainsi que la quantité importante de comprimés.
Une fois sorti de prison, Beaupré sera soumis à une période de probation pour une durée de trois ans.
Itremblay@lequotidien.com