Me Julien Boulianne ne comprend pas que l’on mette autant de temps à transférer un simple dossier d’un district judiciaire à un autre, surtout quand il est clair que l’accusé plaidera coupable.

Julien Boulianne dénonce les délais

Le criminaliste Julien Boulianne dénonce l’inertie de certains employés de palais de justice pour expliquer la lenteur administrative afin de transférer un dossier d’une simple accusation de bris de probation.

C’est la deuxième dénonciation de la part de l’avocat de la défense au cours des derniers mois. Chaque fois, il a dû se battre pour obtenir un simple papier, transmis via un télécopieur, pour confirmer le transfert de l’accusation de l’un de ses clients et l’amener à plaider coupable à Chicoutimi.

« Mon client, Luc Gaudreault, se trouvait en thérapie dans le secteur de Lac-Mégantic. Il a été expulsé de la thérapie et a été immédiatement arrêté. Une accusation de bris de probation a été déposée. Mon client m’a fait savoir qu’il voulait transférer le dossier à Chicoutimi et ainsi plaider coupable », a expliqué Me Boulianne à la juge Isabelle Boillat, de la Cour du Québec.

« J’ai envoyé un message par télécopieur le 2 août au Palais de justice de Lac-Mégantic. Nous sommes le 21 août et j’attends toujours le transfert du dossier. Pendant ce temps, mon client a été amené inutilement du Centre de détention de Roberval vers Chicoutimi à cinq reprises (7, 10, 14, 17 et 21 août). Ce sont des coûts importants chaque fois. Ça n’a aucun sens », ajoute le criminaliste.

Me Boulianne a laissé voir à la juge, mardi matin, que son client voulait plaider coupable et que celui-ci était incarcéré depuis plus de trois semaines pour un simple bris de condition.

« Pourtant, tout le monde sait que lorsque nous demandons un transfert, c’est que le client va plaider coupable à l’accusation. Il n’a pas le choix. Nous attendons simplement que ce papier arrive de Lac-Mégantic pour régler les dossiers de Luc Gaudreault », mentionne-t-il.

La juge Boillat a demandé à Me Sébastien Vallée, de la Couronne, s’il pouvait s’enquérir de l’état du dossier avec son confrère de Lac-Mégantic et voir à faire transférer le dossier le plus rapidement possible.

Le hasard faisant bien les choses, le dossier a été reçu en début d’après-midi à Chicoutimi et le client de Me Boulianne sera en mesure de finaliser jeudi les accusations de menaces, de voies de fait sur des policiers, d’entrave au travail des policiers et de bris de condition.

Une deuxième fois
Cette affaire n’est pas la première que le criminaliste dénonce.

Pas plus tard qu’en juin dernier, Me Boulianne avait éprouvé la même difficulté avec un autre de ses clients. Dany Tremblay a attendu plus de 35 jours pour que son dossier de vol à l’étalage d’une valeur de 22,95 $ soit transféré de Montréal vers Chicoutimi. Une histoire d’empreintes digitales, pourtant fournies, occasionnait le délai.

« Dans les deux cas, ce que nous voulons, c’est d’éviter des coûts supplémentaires pour promener un accusé de la prison au palais de justice inutilement. Lorsque l’on demande un transfert, c’est que l’accusé va plaider coupable », conclut l’avocat en défense.