L’accusé avait un plan alternatif pour se rendre à son domicile, a plaidé son avocat, Me Charles Cantin.

Ivre, c'est au tour du père de se faire arrêter

Un quinquagénaire de Saguenay fait face à des accusations de garde et contrôle avec les facultés affaiblies, après s’être fait arrêter sur le stationnement d’un bar de Chicoutimi en 2016. L’arrestation est survenue un an après celle de son fils, intercepté par les policiers pour une situation similaire.

L’accusé est le père de cet étudiant de l’UQAC dont l’arrestation musclée a défrayé la manchette. À l’issue d’un procès, le policier a d’ailleurs été reconnu coupable d’avoir utilisé « sans nécessité une force non proportionnelle, de façon déraisonnable ». L’étudiant, rappelons-le, dormait dans un véhicule, en étant d’ébriété, lorsqu’il a été appréhendé par deux patrouilleurs. Le jeune homme n’a cependant jamais fait face à des accusations de garde et contrôle. 

Le procès de son père s’est tenu, lundi, au palais de justice de Chicoutimi. Ce dernier a été arrêté alors qu’il se trouvait dans sa voiture, avec les clés sur le contact. Les policiers étaient sur le stationnement du bar, donc l’interception s’est faite en quelques minutes. 

Mais selon la version de la Défense, le quinquagénaire n’a jamais eu l’intention de prendre la route. Il venait simplement chercher un paquet de cigarettes. Son avocat, Me Charles Cantin, a tenté de démontrer que son client avait un plan alternatif bien établi pour revenir à la maison ce soir-là. La conjointe de l’homme et une serveuse sont d’ailleurs venues témoigner en faveur de l’accusé. 

« Il avait un plan défini. Jamais il n’a eu l’intention de prendre sa voiture. Sa conjointe venait le chercher. C’est ce qu’il a d’ailleurs dit à la serveuse. Elle a aussi témoigné à l’effet que le client était sorti que pour aller chercher des cigarettes. Qu’est ce que ça prend de plus ? Un acte notarié », commente Me Cantin.

Dans ce type de dossier, lorsque l’accusé se trouve dans une voiture en état d’ébriété avec les clés en sa possession, il y a une présomption qui est applicable. Le fardeau de la preuve retombe automatiquement sur les épaules de l’accusé qui doit alors démontrer qu’il avait un plan alternatif pour rentrer chez lui.

Appelée à la barre, sa conjointe a assuré qu’il n’aurait jamais conduit son véhicule en état d’ébriété, rappelant du même souffle l’arrestation musclée de son fils sur le stationnement de l’UQAC. « Cette histoire a été importante pour la famille. Les parents étaient sensibilisés à ce type d’accusation. Il l’était avant, mais encore davantage avec cette histoire », pointe Me Cantin. 

Leur fils a en effet été intercepté pour les mêmes raisons. Les patrouilleurs avaient reçu un appel signalant la présence d’un véhicule avec le moteur en marche sur le stationnement de l’UQAC, avec deux individus à bord.

Le quinquagénaire devra attendre au printemps pour connaître son sort. Le juge Paul Guimond a pris la cause en délibéré et rendra son verdict le 25 avril.