Le congédiement de la superviseure de cinq restaurants Subway Stéphanie St-Gelais a été confirmé.

Irrégularités au Subway: le congédiement de la fille confirmé

Le congédiement par Gestion Chevali de Stéphanie St-Gelais, superviseure pendant dix ans pour cinq restaurants Subway de Saguenay, a été confirmé le 31 juillet par le Tribunal administratif du travail, alors que sa plainte a été rejetée. Œuvrant sous sa supervision, sa mère a été condamnée à payer 168 000 $, en octobre dernier, pour un stratagème de vol.

La décision a été rendue par la juge administrative Lyne Thériault à la suite d’une audience tenue le 16 mai 2019.

Sa mère, Suzanne Bouchard, était la gérante du Subway de Place du Royaume et est au cœur de plusieurs reproches de l’employeur.

Le jugement indique qu’à la fin de l’année 2015, ce restaurant fait l’objet d’une évaluation très sévère de la part du franchiseur. Le consultant aux opérations pour les restaurants Subway révèle, entre autres, que les poids et dates de péremption des aliments sont trafiqués.

En juin 2016, Suzanne Bouchard est congédiée. Sa fille le sera dans les mois suivants, au retour d’un congé de maladie. La lettre de congédiement fait état de vol, notamment par la mise en place d’un stratagème d’utilisation de cartes-cadeaux et de plusieurs irrégularités de gestion. Quant à cet aspect, la preuve établit qu’il se rattache essentiellement à la négligence, quasi généralisée, dont la demanderesse a fait preuve dans la supervision du travail de sa mère.

L’ex-gérante a été condamnée le 31 octobre 2018 pour avoir volé du temps et avoir omis de facturer des sandwichs vendus sur une période de dix ans.

Le fardeau à l’employeur

Dans sa décision, la juge Thériault rappelle que la loi accorde une protection à la salariée qui, dans ce cas, possède plus de deux ans de service continu et qui dépose une plainte dans le délai requis. « Dans la présente affaire, l’employeur convient que les conditions d’ouverture du recours sont réunies. Ainsi, il lui revient de faire la démonstration, par prépondérance de la preuve, qu’il a mis fin à l’emploi de la salariée pour une cause juste et suffisante », poursuit-elle.

De plus, elle fait remarquer que comme l’employeur n’a pas procédé à une gradation des sanctions, il doit démontrer que les fautes reprochées sont suffisamment graves pour passer outre à cette façon de faire.

Il est notamment écrit que Stéphanie St-Gelais n’est pas intervenue lorsqu’elle constatait des manquements dans les feuilles de temps de sa mère. « Bien qu’elle constate que les horaires de madame Bouchard n’indiquent jamais ses heures de fin, elle n’intervient pas. Elle tente de se justifier en disant que cette responsabilité revient à l’une des propriétaires, mais le Tribunal ne retient pas cette explication », relate-t-elle.

Par contre, Lyne Thériault n’a pas retenu les accusations de vol. « Une accusation de vol est un blâme très sérieux. À cet égard, l’employeur doit faire une preuve particulièrement convaincante, ce qui n’est pas le cas en l’espèce », juge-t-elle.

Au final, la plainte est rejetée et le congédiement se retrouve confirmé.

« Ici, la preuve ne convainc pas que la demanderesse a volé. Cependant, les éléments de négligence quant à la supervision du travail de sa mère pris dans leur ensemble sont troublants. S’il ne s’agit pas de complicité avec la mère de la demanderesse, il s’agit à tout le moins de complaisance et de négligence importante. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’un grave manque de loyauté à son employeur, provoquant un irrémédiable bris du lien de confiance. Le poste occupé par la demanderesse est d’un haut degré d’autonomie et requiert que l’employeur puisse avoir en elle un degré de confiance élevé. Or, les fautes importantes qui sont démontrées justifiaient l’employeur de ne pas procéder à une gradation de sanction », a-t-elle tranché dans sa décision.