Frédéric Bouchard a écopé de la plus sévère peine, soit quatre ans de pénitencier. Il était entré par effraction chez quelqu’un qu’il connaissait.

Invasion de domicile: trois accusés, trois peines opposées

Les trois coaccusés de l’invasion de domicile commise dans une résidence de la rue Sainte-Famille de Chicoutimi en février 2018 ont écopé de peines complètement différentes, vendredi, au Palais de justice de Chicoutimi. Frédéric Bouchard a écopé d’une peine de quatre ans de pénitencier, Rémy Vaillancourt de deux ans moins un jour et David Houde s’en sort avec une peine de 90 jours de prison, ce qui est particulièrement rare pour de telles accusations.

Le 5 février 2018, les Chicoutimiens David Houde, Frédéric Bouchard et Rémy Vaillancourt (un quatrième individu n’a jamais été retracé) sont entrés dans une résidence de Chicoutimi pour y commettre un vol. Ils connaissaient l’individu qui y vivait et le quatuor espérait trouver de l’argent, du matériel de valeur et des stupéfiants. Les malfaiteurs étaient armés d’un bâton, d’un couteau et d’un fusil à plomb.

Après leur entrée par effraction, les jeunes individus étaient tombés face à face avec un homme à mobilité réduite, qui était le père de l’homme visé par l’introduction.

Les trois accusés, qui sont âgés de 22 et 23 ans, n’étaient pas au courant, selon la preuve déposée au tribunal, de la présence du père de leur victime. L’un des individus avait tout de même forcé la personne handicapée, qui se déplaçait en fauteuil roulant, à s’asseoir sur un divan, alors qu’une altercation avait éclaté entre les malfaiteurs et le fils.

Ce dernier avait été en mesure d’expulser les individus, qui avaient pris la fuite. Houde, Vaillancourt et Bouchard avaient été arrêtés quelques jours plus tard et ils avaient été accusés d’introduction par effraction, de possession d’armes à feu dans un dessein dangereux, de séquestration, de vol qualifié et d’avoir utilisé une arme à feu dans la perpétration d’un acte criminel.

Au moment des représentations sur sentence, Me Gitane Smith (David Houde) et Me Pierre Gagnon (Rémy Vaillancourt) avaient réclamé une sentence suspendue et la réalisation de 240 heures de travaux communautaires, estimant que leurs clients s’étaient réhabilités.

Quant à Frédéric Bouchard, représentée par Me François Dionne, la défense demandait six mois de détention. Cet accusé avait des antécédents en matière de violence.

À la Couronne, on réclamait plutôt des peines variant entre 30 et 48 mois de pénitencier pour les trois individus.

Le juge Paul Guimond avait pris la question en délibéré et il rendait son jugement vendredi après-midi.

Rémy Vaillancourt a écopé d’une peine de deux ans moins un jour.

Les trois jeunes hommes, qui avaient été libérés pour suivre des thérapies, se sont présentés vendredi matin au palais de justice avec leur valise, puisqu’ils se doutaient qu’ils prendraient tous le chemin de la détention. Mais ils ne sont pas partis pour la même durée, loin de là.

Étant donné que David Houde s’est réhabilité au cours des derniers mois, qu’il a réussi une thérapie fermée de six mois pour régler ses problèmes de consommation de drogue et de médicaments, qu’il a revu son cercle d’amis, qu’il a un mode de vie sain et qu’il a un emploi, le juge Paul Guimond a opté pour une peine de 90 jours de prison, suivi d’une probation de trois ans. Il faut dire que Houde n’était pas perçu comme le leader de l’opération. L’individu a choisi de purger sa peine en continu, à compter de vendredi.

Le second accusé, Rémy Vaillancourt, a présenté un rapport présentenciel moins élogieux que Houde, bien qu’il ait fait un certain cheminement positif et qu’il ne consomme plus de drogue. Le juge Guimond a prononcé une peine de deux ans moins un jour, ce qui signifie qu’il purgera sa sentence au provincial.

C’est Frédéric Bouchard qui a écopé de la plus importante peine, soit quatre ans de pénitencier. Cette peine avait d’ailleurs été suggérée par la Couronne.

Ses antécédents de violence et le rapport prédécisionnel qui ne présentait « rien de concret », a dit le juge, ont poussé le magistrat à envoyer l’accusé au pénitencier.

Le juge a également tenu compte du degré de responsabilité des délinquants dans sa décision et des plaidoyers de culpabilité de chacun d’entre eux.

Les trois jeunes individus ont immédiatement pris le chemin de la détention, escortés par des agents correctionnels.

L’avocate de David Houde, Me Gitane Smith, a admis qu’une peine de 90 jours de prison dans le cas d’une invasion de domicile était particulièrement rare.

« Mon client a offert un rapport présentenciel positif sur tous les points et il a réalisé une thérapie fermée de six mois qu’il a réussie. Nous sommes satisfaits de cette sentence », a souligné Me Smith.

David Houde passera 90 jours en prison.

Les trois coaccusés ne peuvent pas communiquer entre eux. Ils ne peuvent évidemment pas entrer en contact avec les victimes au dossier.