Me Olivier Théorêt représentait les intérêts de Pascal Boudreault.

Intimidation d'une juge via Facebook: l’accusé était en manie psychotique

Pascal Boudreault, qui avait tenu des propos inquiétants via Facebook à l’endroit d’une juge de la Cour supérieure, en décembre dernier, a été reconnu non criminellement responsable de ses actes pour cause de troubles mentaux. L’homme de 41 ans souffre de bipolarité avec épisodes de manies psychotiques.

Le 2 décembre dernier, l’homme était appelé devant une juge de la Cour supérieure pour débattre de la garde de ses enfants. L’individu étant agité, les constables spéciaux avaient dû lui demander de se calmer. En sortant du Palais de justice de Chicoutimi, Pascal Boudreault avait fait une première vidéo concernant la juge, qu’il avait publiée sur son profil Facebook. En gros, l’homme disait que la juge n’avait rien à craindre lorsqu’elle était au palais de justice, puisqu’elle était protégée, mais qu’il en était tout autre en ville, puisqu’il s’agissait de son territoire à lui.

Une tierce personne a vu cette vidéo quelques jours plus tard puis a dénoncé la situation. L’homme a été appréhendé par les policiers de Saguenay le 5 décembre pour menaces et intimidation à l’endroit de la magistrate.

Il a comparu puis a été libéré sous certaines conditions, notamment celle de ne pas entrer en contact, directement ou indirectement, avec la juge.

Mais voilà que le lendemain, Boudreault récidivait. Il a publié deux autres vidéos, toujours en s’adressant à la juge. Il disait ne pas lui vouloir de mal, qu’il n’était pas violent, mais qu’il se servirait d’elle pour dénoncer le système judiciaire. Il a également publié une photo d’un stationnement, invitant la juge à venir le rencontrer pour discuter dans un « endroit neutre et sécuritaire ».

L’homme a été arrêté à nouveau et était détenu depuis ce temps. Une évaluation psychiatrique avait été ordonnée par le tribunal, entre autres parce que Pascal Boudreault se décrivait comme « Saint-Pascal, le premier flic du temps ».

L’individu était de retour devant la cour vendredi matin. Il a plaidé coupable aux accusations de menaces et d’intimidation qui pesaient contre lui.

Dans son rapport, la psychiatre qui a évalué l’accusé a expliqué que Boudreault était atteint d’une bipolarité avec manies psychotiques et que son jugement en était gravement atteint. La psychiatre a également affirmé que les symptômes étaient très nombreux et que l’homme avait une faible capacité à prendre conscience de ses gestes.

Pour ces raisons, la médecin a suggéré que son patient soit jugé non criminellement responsable, ce qui a été entériné par la juge de la Cour du Québec, Sonia Rouleau.

L’homme devra toutefois rester détenu 24 heures sur 24 à l’hôpital de Chicoutimi et il devra prendre une médication pour traiter ses troubles mentaux, ce qu’il refuse de faire.

Calme devant la juge

Pascal Boudreault s’est montré calme en cour vendredi, acquiesçant aux questions de la juge et de son procureur, Me Olivier Théorêt.

Il a également plaidé coupable à une accusation de menace de causer la mort ou des lésions à une autre personne, lorsqu’il s’était fâché après que sa voiture ait été remorquée, plus tôt cet automne.