Me Marie Sirois, de la Couronne, s’oppose à ce que les accusés puissent se parler même s’ils sont à proximité les uns des autres au Centre de détention de Roberval.

Interdiction de communiquer

Les accusés dans le dossier de la saisie d’armes à feu dans la Réserve faunique des Laurentides ne pourront communiquer entre eux en détention, sauf s’ils sont en présence de leur avocat.

Le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, a émis cette ordonnance, vendredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi, lors de la comparution de Jean-François Bergeron (Jonquière) et de Jordan Buissereth (Montréal).

En début de semaine, les enquêteurs de l’Escouade régionale mixte (ERM) et du Bureau régional des enquêtes (BRE) ont mené des perquisitions à divers endroits au Québec. Ils ont notamment intercepté Bergeron, Buissereth et Laurence Riverin-Desrosiers (libérée depuis) sur la route 175.

Munis de mandats de perquisition, les agents ont trouvé neuf armes de poing, qui avaient été dérobées au commerce Pronature d’Alma en octobre dernier, et des stupéfiants, dont de la cocaïne.

Des accusations de possession d’armes à autorisation restreinte sans avoir les permis nécessaires ont été portées contre certains des individus arrêtés.

Bergeron et Buissereth demeurent incarcérés pour le moment et doivent revenir en cour le vendredi 1er février pour leur enquête de remise en liberté, à moins que de nouvelles accusations ne soient déposées.

Me Marie Sirois, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a demandé au tribunal d’émettre une ordonnance afin de leur interdire de communiquer entre eux entre les murs de la prison de Roberval, de même qu’avec d’autres détenus, dont Raphaël Turcotte.

« Je demanderais des exceptions », a signalé Me Charles Cantin, qui représente les intérêts de Bergeron.

« On ne peut pas empêcher des gars de se parler s’ils sont dans la même cellule ou assis un à côté de l’autre à la cafétéria. Je ne voudrais pas qu’on leur reproche de le faire à ce moment-là », a renchéri Me Cantin.

Malgré les représentations et les inquiétudes du criminaliste, Me Sirois a réitéré son objection au juge Daoust.

« Je pense bien que les autorités carcérales respecteront les ordonnances du tribunal et ne placeront pas deux gars, qui ont une interdiction de se parler, dans la même cellule », a spécifié Me Sirois.

Le juge a acquiescé à la recommandation du ministère public.

« La demande de la défense est rejetée. Il n’y aura pas d’exception dans les cellules ou à la cafétéria. Par contre, j’autorise deux accusés à être ensemble et à discuter du dossier, mais uniquement en présence de leur avocat », a tranché le magistrat.

Preuve partielle

Par ailleurs, vendredi, Me Sirois a remis une preuve partielle aux avocats de Bergeron (Me Charles Cantin), de Buissereth (Me Nicolas Gagnon), de Marie-Philippe Côté (Me Louis Belliard), de Steeve Béland (Me Olivier Théorêt) et à Riverin-Desrosiers.

« Il s’agit d’une preuve partielle. L’enquête policière se poursuit et il est possible que nous déposions de nouvelles accusations contre les personnes impliquées dans cette affaire », a indiqué Me Sirois, sans pouvoir s’avancer davantage sur le dossier.

Il n’est pas impossible que des accusations en lien avec du trafic d’armes soient déposées contre certains des accusés.

D’autre part, la Couronne a consenti à la remise en liberté de Marie-Philippe Côté à la condition d’une garantie sans dépôt de 500 $ de sa part, de même que des engagements de 2000 $ avec dépôt et 3000 $ sans dépôt pour chacun de ses parents. Elle devra respecter un couvre-feu et ne pas être en contact avec plusieurs personnes en lien dans cette affaire.

Quant à Steeve Béland, il aura droit à son enquête caution lundi.