Carlos Innocent-Loga demeure incarcéré durant les procédures judiciaires pour des accusations de trafic de stupéfiants.

Innocent-Loga reste en prison

Le juge Michel Boudreault maintient la détention de Carlos Innocent-Loga, car la preuve tend à démontrer qu’il est la tête dirigeante d’un nouveau réseau de trafiquants de stupéfiants sur le territoire de Saguenay.

Son acolyte, Jonathan Poulin, a convaincu le magistrat de la Cour du Québec qu’une thérapie fermée de six mois pourrait lui permettre de venir à bout de sa dépendance à la drogue et de reprendre le droit chemin.

Le juge a rendu sa décision mardi après-midi au Palais de justice de Chicoutimi après avoir pris quelques heures pour réfléchir aux deux dossiers.

Les deux hommes ont été arrêtés le 1er novembre dernier à la suite de perquisitions menées par les projets spéciaux de la Sécurité publique de Saguenay et du Groupe tactique d’intervention (GTI) de la Sûreté du Québec.

Saisie

Les agents ont saisi, dans des logements de la rue Smith Est et du boulevard du Saguenay Est, à Chicoutimi, des quantités importantes de stupéfiants et des armes à feu à la suite d’une enquête d’environ deux mois.

Le juge Boudreault croit que Loga, âgé de 33 ans, est venu s’installer dans la région avec pour objectif d’implanter un réseau de trafic de stupéfiants.

« Vous n’êtes pas qu’un consommateur, car vous seriez demeuré à Montréal. Vous êtes la tête dirigeante de ce réseau, car une personne vivant de l’aide de dernier recours (aide sociale) ne se promène pas avec plus de 3000 $ en argent dans ses poches. Cet argent provient de la vente de stupéfiants, c’est clair. On a aussi saisi quatre cellulaires, dont un a servi à des échanges avec d’autres trafiquants », a mentionné le juge.

« Je ne peux pas croire que vous êtes un simple consommateur lorsque l’on retrouve une liste de comptabilité et trois armes de poing. La présence de ces armes démontre que vous vouliez vous protéger en raison de la quantité et de la diversité de la drogue saisie », poursuit le magistrat.

Ce dernier n’a pas cru un seul instant les intentions de Loga de vouloir suivre une thérapie de seulement trois mois, lui qui dit consommer de l’alcool et du cannabis du matin au soir, sept jours par semaine, tout en ajoutant de la cocaïne et de la métamphétamine à quelques reprises durant la semaine.

« Je ne vous crois pas sincère dans votre volonté de suivre une thérapie de trois mois. Ce n’est pas suffisant et pas sérieux. Vous avez eu 16 sentences depuis l’âge adulte et jamais vous n’avez songé à une thérapie. Vous dites que vous voulez être près de votre frère, qui est malade, mais cela ne vous a pas empêché d’être loin de lui depuis plusieurs mois. Le risque de récidive est aussi trop élevé et je crois qu’un public bien informé ne pourrait comprendre votre remise en liberté », a indiqué le magistrat.

Poulin, un appât

Concernant Nicolas Poulin, âgé de 25 ans, le juge croit qu’il a été simplement un appât pour Innocent-Loga et qu’il est davantage un consommateur de drogue qu’un trafiquant.

« Vous voulez faire une thérapie fermée de six mois. Je crois que vous êtes sincère. Contrairement à M. Loga, qui a manqué à peu près à tous ses engagements, dans votre cas, ça n’est arrivé qu’une fois. »

« Si vous êtes bien encadré, vous êtes un risque assumable en société. Si vous brisez vos conditions, vous allez revenir détenu et si vous consommez à nouveau des stupéfiants, vous allez continuer à détruire votre vie », a repris le juge en envoyant Poulin au centre de L’autre côté de l’ombre, à Bécancour.