Il voulait ravoir son argent

Tanné d’attendre après l’argent qu’un individu lui devait, Mario Jomphe a décidé, le 7 octobre 2016, avec son ami Frédéric Fontaine, d’aller réclamer son dû. Le duo n’a pas récupéré l’argent, mais est reparti avec certains objets et de la drogue. Ils n’auront pas profité longtemps du larcin, étant rattrapés par la police.

À 25 ans, le natif d’Havre-Saint-Pierre est envoyé au pénitencier pour 36 mois pour une introduction par effraction, une séquestration, du trafic et de la possession de marijuana lors d’événements qui se sont déroulés en 2015 et 2016.

L’individu a décidé de régler ses dossiers, mardi, devant le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, après avoir passé les 105 derniers jours derrière les barreaux. Il lui reste 32 mois et cinq jours à purger.

En octobre 2016, Jomphe voulait récupérer une somme de 2000 $. Après avoir demandé le remboursement de la dette à plusieurs reprises à la victime, Jomphe a pris la décision de se rendre chez elle et de lui réclamer son dû.

« Comme la victime n’avait pas d’argent, l’accusé a dérobé de la méthadone, un téléviseur, une console PlayStation 4, un ordinateur, une banque avec de la monnaie et du cannabis. La victime n’a pas été blessée ni molestée, mais il s’agissait tout de même d’un vol qualifié et d’une séquestration », a expliqué Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Après le départ de ses agresseurs, la victime a communiqué avec les policiers. Les deux individus ont été arrêtés peu de temps après.

À la suite de sa comparution devant le tribunal, Jomphe avait été remis en liberté.

Il devait demeurer chez une connaissance à Havre-Saint-Pierre, mais il a omis de se présenter devant la justice lorsque cela était nécessaire. Il a été huit mois en cavale, avant de se rapporter aux policiers.

En défense, Me Pierre Gagnon a mentionné que son client était conscient de la gravité des gestes qu’il avait posés. Il a ajouté que Jomphe avait tout simplement perdu patience pour recouvrer son dû et qu’il avait pris les moyens pour y parvenir.

« Je vais faire mon “shift” (sentence). Je veux sortir et je ne veux plus revenir ici. Je veux cesser la consommation de drogue », a dit Jomphe.


«  Ce n’est pas dans mon intention (de l’importuner). Je n’ai pas l’esprit de vengeance ou de haine envers lui. Si je le croise, je vais lui dire salut.  »
Mario Jomphe

Questionné sur les raisons de sa venue à Saguenay, l’accusé a mentionné être venu donner un coup de main à une amie pour payer son loyer.

« Vous savez, Havre-Saint-Pierre, c’est un village de 4000 personnes. Je voulais découvrir la grande ville », de noter l’accusé.

Le tribunal n’obligera pas Jomphe à ne pas entrer en contact avec la victime, qu’il connaît bien.

« Ce n’est pas dans mon intention (de l’importuner). Je n’ai pas l’esprit de vengeance ou de la haine envers lui. Si je le croise, je lui dirais salut », a exprimé l’accusé.

Le juge Michel Boudreault croit qu’il est possible que Mario Jomphe puisse se réhabiliter même s’il prend le chemin du pénitencier pour 36 mois.

Droit chemin
Même s’il possède des antécédents de possession simple de cannabis et d’avoir eu une arme sans posséder le permis nécessaire en 2014, c’est la première fois que l’homme de 25 ans écope d’une sentence de détention.

Il faut dire que Jomphe a été associé à Frédéric Fontaine (six années de pénitencier) et Jean-François Migneault (cinq années de détention) dans des histoires d’introduction par effraction.

Le juge Boudreault a laissé voir qu’il n’était pas surpris de voir l’accusé devant la justice.

« Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. En entendant les noms de Jean-François Migneault et de Frédéric Fontaine, il était logique de vous retrouver ici », a lancé le magistrat.

Jomphe a mentionné que Migneault leur avait dit qu’ils étaient pour se rendre dans une maison d’un couple de 25 ans pour y faire un vol.

« Lorsque nous avons su (Fontaine et lui) qu’il s’agissait d’un couple âgé, nous avons quitté les lieux. Nous n’étions pas à l’aise d’être là », a admis Jomphe.

À la suite de ces paroles, le juge Boudreault a laissé voir qu’il croyait en la réhabilitation de l’accusé.

« C’est à vous d’y voir par contre. Je ne peux pas vous tenir la main jusqu’à 30 ou 35 ans, mais je pense qu’il est possible de vous réhabiliter. Lorsque vous allez vous retrouver au pénitencier, vous devriez regarder les possibilités de suivre des programmes afin de vous aider », a même suggéré le magistrat.