Il vole pour pouvoir manger

Un individu de 35 ans de Jonquière pourra manger et avoir un toit sur la tête après avoir été condamné à 15 jours d’emprisonnement. Il a été reconnu coupable d’avoir mangé de la nourriture à l’épicerie sans la payer. Même s’il l’a fait par nécessité, ça demeure illégal, selon la juge Sonia Rouleau.

L’homme a été arrêté lundi après avoir commis un vol dans un marché d’alimentation. Il est entré, a pris quelques victuailles et les a consommées sur les lieux.

Après l’avoir observé un certain temps, l’agent de sécurité de l’épicerie est allé le voir pour lui dire de payer la facture avant de partir. 

L’individu lui a dit qu’il ne pouvait payer le montant de 12,48 $, car il n’avait pas d’argent.

« Mon client venait de passer les quatre ou cinq derniers jours à dormir dehors et il n’avait rien mangé depuis ce temps. Il voulait simplement manger quelque chose. Il avait faim », a indiqué Me Julien Boulianne.

La juge Sonia Rouleau, de la Cour du Québec, s’est interrogée à savoir pourquoi l’accusé ne s’était pas rendu à la soupe populaire pour y prendre un repas.

« Car il n’a pas d’argent. La soupe populaire ne coûte pas cher à 2 $, mais mon client n’avait véritablement pas d’argent pour le faire », a expliqué Me Boulianne.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a demandé une sentence de 30 jours de détention, alors que le procureur de la défense croyait que les journées passées en détention seraient suffisantes.

« J’ai de la difficulté à rendre une décision en raison de vos antécédents. Vous avez commis une infraction de nécessité (alimentaire), mais ça reste qu’il s’agit d’un geste illégal », a précisé la juge Rouleau.

Celle-ci a imposé une peine de 15 jours de détention. Pendant ce temps, l’accusé pourra dormir au chaud et avoir droit à trois repas par jour.

« Ce temps devrait vous permettre de régulariser votre situation, de vous trouver un logement et faire votre demande d’aide sociale », a conclu la juge Rouleau.

Les policiers auraient voulu ne pas garder l’individu sous les verrous pendant deux jours, mais comme l’accusé ne pouvait fournir une adresse, ils n’ont pu le libérer.