Il se masturbait à côté de ses passagères

Le Chicoutimien Maxime Simard-Pilote écope de neuf mois de détention pour trois vols de motoneiges, de la possession de stupéfiants et pour s’être masturbé à trois reprises à l’occasion de covoiturage.

L’homme de 32 ans a retenu l’attention des tribunaux à au moins deux reprises entre le 23 février et le 7 mars, avant de faire parler de lui encore lundi.

Simard-Pilote a été arrêté le 23 février à Laterrière en compagnie de Michael Girard (33 ans) dans le cadre d’une perquisition policière en lien avec un réseau de voleurs de motoneiges. 

Le client de Me Julien Boulianne avait pu recouvrer sa liberté la journée même moyennant des conditions sévères, dont le dépôt d’une somme de 500 $ afin de s’assurer qu’il garderait la paix et qu’il ne commettrait pas de nouvelles infractions.

Mais deux semaines plus tard, Simard-Pilote se présente au Palais de justice de Chicoutimi et avoue aux constables spéciaux qu’ils doivent l’arrêter.

Il savait qu’il n’arriverait pas à respecter ses conditions de remise en liberté.

Face à ces aveux, l’individu est arrêté et le juge ordonne son incarcération immédiate en attendant la suite des événements. 

Lundi, ses dossiers criminels sont revenus devant le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec. Simard-Pilote avait déjà plaidé coupable à divers dossiers, dont les vols de motoneiges.

Devant le magistrat, l’accusé a reconnu sa culpabilité à un troisième chef de grossière indécence, car il avait auparavant plaidé coupable à deux autres accusations similaires.

« Par le biais d’une annonce d’un groupe sur Facebook, M. Simard-Pilote offrait un transport entre le Saguenay et Québec. À au moins trois reprises, il a embarqué des jeunes filles », explique Me Sébastien Vallée, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

« Une fois rendu dans la Réserve faunique des Laurentides, il se masturbait alors qu’il était au volant. Il n’a jamais tenté de toucher les passagères, mais sa façon de faire créait un grand malaise et suscitait une certaine crainte », poursuit Me Vallée.

Il a été démontré qu’il devenait difficile pour les passagères de quitter le véhicule une fois arrivé sur la route 175, surtout en plein hiver, de débarquer et de s’y retrouver seules. 

La dernière fois où il a posé le geste, la jeune femme est parvenue à envoyer un texto à un ami afin de lui expliquer la situation. 

L’ami a contacté les policiers de Québec et ceux-ci ont pu cueillir Simard-Pilote à son arrivée à proximité de la Capitale Nationale.

Dans un document remis à la Cour, la dernière victime des gestes de masturbation de Simard-Pilote a fait une déclaration.

« Une fois rendu dans la Réserve faunique des Laurentides,il se masturbait alors qu’il était au volant. Il n’a jamais tenté de toucher les passagères, mais sa façon de faire créait un grand malaise et suscitait une certaine crainte. »

Me Sébastien Vallée, de la Couronne

« La dame écrit qu’elle est rendue craintive avec le covoiturage. Elle a de plus en plus de misère à faire confiance aux sites où les membres manquent d’encadrement », a résumé Me Vallée.

Le juge Jean Hudon a entériné la suggestion commune des avocats dans l’affaire de Maxime Simard-Pilote.

Suggestion

En temps normal, le juge Hudon aurait dû attendre la confection du rapport présentenciel concernant Simard-Pilote. Celui-ci devait être disponible en juin.

Étant donné que l’accusé a demandé à être arrêté le 7 mars dernier et d’être envoyé immédiatement en prison, la demande du rapport présentenciel a été annulée, surtout que les parties en sont venues à une entente pour la durée de la détention.

Lundi, Me Vallée et Me Boulianne ont soumis une suggestion commune au juge Jean Hudon. Les deux procureurs ont tenu compte des antécédents judiciaires de l’individu, notamment une peine de deux ans moins un jour pour une série de méfaits, incluant des introductions par effraction.

Les avocats ont estimé que Simard-Pilote avait déjà effectué un mois de détention de manière préventive. 

Ils ont suggéré une peine de huit mois pour les vols des motoneiges et un mois supplémentaire consécutif pour les actes de grossière indécence.

Au total, la peine est de neuf mois. 

En retranchant les 30 jours de la détention préventive, le détenu sait qu’il en aura encore pour huit mois à l’ombre.

En plus des trois gestes de grossière indécence et du vol de trois motoneiges, Simard-Pilote a enregistré des plaidoyers de culpabilité pour un bris de condition, de la possession de cannabis et du vol d’un sac de transport sur une motoneige.

Le juge Hudon a ordonné la saisie et la destruction des drogues saisies et la remise des biens volés à leur légitime propriétaire.