La juge Sonia Rouleau de la Cour du Québec.

Il «pète une coche» à la juge

Les lois sont trop sévères au Québec. Du moins, c'est l'opinion de Claude Martin, qui ne pourra conduire un véhicule à moteur sur la voie publique pour plusieurs années. Et tout ça, dit-il, pour avoir été pris en état d'ébriété à une seule reprise.
L'homme de 61 ans de Jonquière a « pété sa coche », vendredi matin, devant la juge Sonia Rouleau, de la Cour du Québec.
Il a plaidé coupable à une conduite pendant interdiction et à un vol de 252,71 $ d'épicerie au Métro PE Prix de Jonquière. 
Martin a été envoyé en prison pour 30 jours et a reçu une nouvelle interdiction de conduire de deux ans du tribunal. Mais celle-ci devrait être plus longue avec la Société de l'assurance-automobile du Québec.
L'individu avait été arrêté pour une conduite avec les facultés affaiblies le 1er octobre 2013. Il avait été pris à conduire pendant interdiction le 27 septembre 2014. À la suite de son plaidoyer de culpabilité, il a été condamné cette fois à une amende de 1000 $ et à une interdiction de conduire d'une année en janvier 2015.
Le message ne semble pas avoir été compris, car Martin s'est fait prendre à nouveau sur le stationnement du marché d'alimentation de Jonquière, le 28 novembre 2015. 
Il venait de dérober de la chair de crabe et diverses autres marchandises d'une valeur de 252,71 $ lorsqu'il a été pris en chasse par un commis. 
Il s'est ensuite sauvé avec son véhicule.
Claude Martin a été arrêté par les policiers de la Sécurité publique de Saguenay qui avaient en leur possession des images vidéo très claires du vol et de la conduite de la voiture.
Le client de Me Julien Boulianne ne comprend pas pourquoi un gars comme lui qui a travaillé toute sa vie est obligé d'aller en prison pour un mois et qu'il ne pourra conduire pendant une longue période.
« En justice, le petit est écrasé par les juges et les gros criminels arrivent à s'en sortir », a lancé Claude Martin à la juge Rouleau en faisant allusion à certaines décisions du tribunal en lien avec l'arrêt Jordan.
« Au total, j'aurai été six ou sept ans sans pouvoir conduire pour une toute petite infraction d'une conduite avec les facultés affaiblies. Les lois sont trop sévères au Québec. Ça n'a pas de bon sens. Je dois venir en aide à ma mère qui est malade. Elle reste dans un rang et la STS ne se rend pas là. Je vais devoir me cacher pour conduire, car je ne la laisserai pas tomber. Vous pensez que je vais rester cloîtré durant deux ans sans aller voir ma mère qui se meurt ? Ça n'arrivera pas », a lancé Claude Martin, qui dit vivre une véritable catastrophe.
La juge Rouleau a écouté attentivement l'homme. Mais au final, elle a entériné la suggestion commune de 30 jours de détention et de 50 $ d'amendes pour le vol.
« Je comprends votre point de vue (criminels qui s'en sortent), mais ça ne vous donne pas le droit de tout faire. Ce qui m'inquiète, c'est que vous avez dit en cour que vous étiez pour récidiver. La meilleure solution pour éviter la prison, c'est de respecter les ordonnances de la Cour », a mentionné la juge Rouleau avant d'envoyer l'individu au bloc cellulaire.
En quittant, Claude Martin a rétorqué que ça ne lui avait absolument servi à rien de dire ce qu'il pensait au tribunal.