La juge Sonia Rouleau rendra sa sentence le 19 novembre dans les dossiers de Daniel Martel, qui a commis des infractions criminelles sexuelles.

Il payait des mineures pour des faveurs sexuelles

Daniel Martel, un individu des Escoumins de 20 ans, pourrait passer les huit prochaines années derrière les barreaux pour avoir offert de l’argent à des mineures en retour de faveurs sexuelles, d’avoir eu des photos de ses victimes nues et d’en avoir distribuées certaines, de même qu’une vidéo, sur les réseaux sociaux.

L’accusé a plaidé coupable à 23 chefs d’accusation allant de la rétribution pour obtenir des faveurs sexuelles, de la possession d’images de pornographie juvénile, en passant par la distribution de cette pornographie juvénile et d’avoir communiqué avec ses victimes dans le but de perpétrer un acte criminel, soit d’obtenir des relations sexuelles.

Martel fait face à des peines minimales d’une année pour chacune de ses sept victimes et d’une autre année consécutive pour la possession et la distribution du matériel de pornographie juvénile.

« J’entends contester les peines minimales consécutives lors des représentations sur sentence », explique Me Nicolas Gagnon, de l’Aide juridique, sans vouloir pour autant en donner les raisons.

Martel, qui n’a aucun antécédent judiciaire, était âgé de 18 ans au moment des infractions pour lesquelles il a plaidé coupable. Il a abusé de victimes qui étaient âgées de 12 à 17 ans.

Selon le récit de Me Nicole Ouellet, de la Couronne, Martel utilisait Messenger et Facebook pour recruter ses victimes. Il faisait des demandes d’amitié qui se transformaient rapidement en demandes sexuelles.

L’individu offrait de l’argent aux jeunes filles en retour de photos d’elles nues.

« Si les victimes refusaient, il menaçait d’écrire sur les réseaux sociaux qu’elles lui avaient envoyé des photos nues, même si cela n’était pas vrai. Les jeunes filles prenaient panique et acceptaient de le faire », indique Me Ouellet.

« Il demandait si les filles étaient intéressées à faire du sexe pour de l’argent. Il a déjà offert 350 $ à une victime pour avoir cinq ou six photos nues d’elle. Elle l’a fait, mais n’a jamais été payée. À une autre, il a offert de l’argent et un cellulaire pour qu’elle le masturbe et lui fasse une fellation », précise la représentante du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Martel allait même jusqu’à faire grimper les enchères si l’adolescente acceptait de se rendre chez lui pour lui faire une fellation ou même avoir une relation sexuelle complète.

Il a offert une somme de 100 $ à une victime pour une relation complète. À une autre, il a offert 250 $ pour une fellation et un cellulaire.

Une partie du pot aux roses a été découvert lorsque les photos nues de sa première victime se sont retrouvées sur les réseaux sociaux et que la jeune fille a appris qu’une de ses connaissances avait aussi été victime des demandes de Martel.

Et lorsque Martel a été arrêté et interrogé, il a lui-même avoué avoir fait quelques victimes supplémentaires, ce qui a permis aux enquêteurs de la Sécurité publique de Saguenay de les retracer.

« J’admets que le récit fait est conforme à la réalité », a répondu Martel à une question de la juge Sonia Rouleau, de la Cour du Québec.

Un rapport présentenciel, avec un volet sexologique, sera préparé dans les prochaines semaines. Les représentations sur sentence auront lieu le 19 novembre.

Martel est incarcéré depuis le 19 décembre 2017 et y demeurera jusqu’au prononcé de la sentence.