Le professeur Bruno Bonneau est accusé d’avoir pris un étudiant à la gorge et de l’avoir accoté au mur.

Il nie avoir pris un élève à la gorge

L’enseignant Bruno Bonneau a plaidé non coupable aux accusations de voies de fait contre un élève de l’école secondaire de L’Odyssée Lafontaine, de Chicoutimi. Il nie les allégations et croit être en mesure d’offrir une défense au tribunal.

L’homme de 58 ans, qui est en congé maladie depuis plusieurs mois, aurait pris un élève à la gorge et l’aurait accoté contre un mur. Il l’aurait aussi laissé tomber au sol. 

Les événements seraient survenus dans la classe de Bonneau devant de nombreux témoins. Les accusations ont été déposées à la mi-janvier.

L’individu s’est présenté au tribunal, mardi matin, devant le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec. À la première question du magistrat, afin de savoir s’il voulait reporter son dossier ou plaider coupable, Bonneau a surpris en mentionnant qu’il voulait enregistrer des plaidoyers de culpabilité.

« Je serais prêt à plaider coupable, mais en même temps, j’aimerais savoir ce qu’il y a dans la preuve contre moi », a répondu l’enseignant à la question du juge.

L’accusé s’est présenté seul devant le tribunal. Il n’avait aucun avocat à son dossier.

Rapidement, le juge Hudon a bien vu que quelque chose clochait. Il a offert de reporter le dossier à une date ultérieure, le temps que l’accusé puisse prendre connaissance de la preuve déposée par Me Mélanie Paré, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et de retenir les services d’un avocat.

Me Charles Cantin a offert ses services à titre d’ami de la Cour afin de regarder le dossier et d’aiguiller Bruno Bonneau dans cette affaire.

Mandat officiel

À la suite d’une brève discussion de quelques minutes, Me Cantin a fait valoir à son nouveau client qu’il pouvait quitter le Palais de justice de Chicoutimi et qu’ils se reverraient le 22 mai pour valider les orientations à donner à ce dossier.

Questionné sur les gestes qui auraient été posés, Me Cantin s’accordera un certain temps avant de prendre connaissance de la preuve. 

Mais à la suite d’une lecture rapide et des propos de son client, le criminaliste entend contester les allégations de voies de fait contre un étudiant.

« Il est accusé de voies de fait simple dans un cadre académique. Nous pensons qu’à sa face même, il y a une défense. Nous allons reporter à la fin mai et fixer à procès pour septembre », a mentionné le criminaliste.

Concernant les actes reprochés à son client sur les présumés gestes posés, soit d’avoir pris l’adolescent à la gorge et de l’avoir bousculé, le criminaliste a réfuté ces accusations.

« Nous nions cet allégué voulant qu’il ait pris quelqu’un à la gorge et l’aurait poussé contre un mur. Ce n’est pas nécessairement exactement comme ça que les choses se sont passées. Mon client a une autre version, qui n’est pas diamétralement opposée. Mais je pense qu’à sa face même, avec les déclarations du client au dossier, il y aurait une potentialité de défense », note Me Cantin. 

Ce dernier reconnaît que son client avait l’intention de plaider coupable, mais il estime que l’accusé est assez néophyte avec le milieu judiciaire.

Absolutions

Interrogé sur de possibles antécédents judiciaires de Bruno Bonneau, Me Cantin dit ne pas être au courant, car rien n’est mentionné à cet effet dans la preuve qui lui a été remise.

Bonneau avait fait les manchettes en 2011 après avoir poussé un adolescent de son quartier. Il avait plaidé coupable et obtenu une absolution conditionnelle. 

Même chose en 2005 pour un cas de rage au volant, où il avait obtenu la clémence du tribunal avec une deuxième absolution conditionnelle.

Les médias ont soumis à l’avocat de la défense que son client pouvait être agressif.

« Tout dépend de ce que l’on entend par agressivité. C’est relatif. J’ai eu des professeurs au Séminaire qui étaient agressifs, mais qui étaient bons. Est-ce que l’on parle d’un enseignant violent ou qui a un comportement obsessionnel ? », a poursuivi Me Cantin.