Me Charles Cantin a été autorisé par le tribunal à se retirer du dossier de Mathieu Côté.

Il ne veut plus plaider coupable

Visiblement insatisfait des explications de son avocat sur la peine de pénitencier qu’il encourrait, Mathieu Côté, de Chicoutimi, a demandé à changer de procureur. Et il entend déposer une requête pour être relevé de ses plaidoyers de culpabilité.

L’individu de 42 ans du boulevard Saint-Jean-Baptiste, à Chicoutimi, a été arrêté en avril dans le cadre de l’opération Palme, menée de l’Escouade régionale mixte (ERM), de la Sûreté du Québec et du Service de police de Saguenay (SPS) et visant à démanteler un réseau de trafiquants de stupéfiants.

Côté devait connaître, jeudi matin, son sort sur les accusations de complot pour le trafic de stupéfiants, d’avoir fourni une fausse identité, de possession d’une arme à feu sans détenir les permis et tout en sachant qu’elle provenait de la perpétration d’un crime, et d’avoir quitté le district judiciaire de Chicoutimi.

Le hic, c’est que Côté a été arrêté à Chibougamau, en dehors du district judiciaire, et il se dirigeait vers une destination inconnue.

opération

Bouchard a été arrêté en compagnie de cinq autres individus. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a déposé des accusations de trafic de stupéfiants, de complot pour trafic, de possession de cocaïne, de métamphétamine, de cannabis, de haschisch et de médicaments contrefaits.

Deux semaines après son arrestation, Côté a enregistré des plaidoyers de culpabilité à une possession dans le but d’en faire le trafic de 33 000 comprimés de métamphétamine. Il avait été remis en liberté et devait attendre la sentence à sa résidence.

Jeudi matin, Me Charles Cantin, en défense, devait faire les représentations sur sentence devant la juge Isabelle Boillat, de la Cour du Québec.

L’individu écopera d’une sentence minimale de 12 mois de détention ferme en raison de la possession d’une arme à feu.

Mais Côté, qui possède des antécédents judiciaires, s’expose à une peine beaucoup plus importante en raison de tous les chefs d’accusation déposés contre lui et de son passé judiciaire.

Au moment d’entreprendre les représentations sur sentence, Me Charles Cantin a demandé au tribunal de le relever de son devoir de représenter le détenu pour le bien de la justice et la bonne continuité du dossier.

Avant de prendre sa décision, la magistrate s’est adressée à l’accusé afin d’en savoir un peu plus sur ses intentions et ses motivations.

« Je veux changer d’avocat. Me Cantin m’a parlé de la peine possible dans mon dossier, et je n’étais pas d’accord avec lui. J’avais envisagé l’idée de changer d’avocat. J’aurais besoin d’environ un mois pour préparer ma cause », a répondu Côté.

« Je demanderai alors à être relevé de mes plaidoyers de culpabilité. J’ai été mal conseillé la première fois (autre avocat que Me Cantin). J’ai été mal informé, et c’est la raison pour laquelle je veux revoir mon dossier », a ajouté l’accusé.

La juge Boillat a accepté la demande de Me Cantin de se retirer du dossier. La magistrate a aussi confirmé auprès du détenu qu’il acceptait de demeurer sous les verrous pour la suite des procédures, même s’il peut s’écouler plusieurs semaines avant que sa requête en retrait des plaidoyers soit acceptée et ensuite entendue.