Bruno Bouchard a obtenu une remise pour la tenue de son procès.

Il largue son avocat le jour de son procès

Le jour même de son procès, le Jonquiérois Bruno Bouchard a largué son avocat, Me Olivier Théorêt, et a demandé au tribunal un délai supplémentaire pour se constituer un nouveau procureur.

Celui qui n’arrivait pas à s’entendre avec son avocat sur la stratégie de défense avait tenu les policiers en haleine durant plus de 15 heures alors qu’il s’était réfugié dans son logement de la rue Saint-Dominique, à Jonquière, en mars 2018.

Dans cette nouvelle affaire, Bouchard est accusé de voies de fait, de possession de stupéfiants, de bris de probation, d’entrave à la justice et de bris de condition. Il fait face à 14 chefs d’accusation.

Après avoir purgé neuf mois de détention pour son épisode de détresse psychologique, Bouchard avait repris le contrôle de sa vie jusqu’au 22 avril dernier.

Informés d’un possible trafic de stupéfiants, les agents du Service de police de Saguenay (SPS) ont mené une perquisition à la résidence de l’homme de 37 ans. Ils ont saisi du haschisch, de la cocaïne, des comprimés de métamphétamine et du GHB. Les enquêteurs avaient aussi trouvé une arbalète et des flèches, alors qu’il lui était interdit d’être en possession d’armes à feu, d’armes à utilisation restreinte et d’armes prohibées.

Lors de son passage au tribunal au printemps dernier, Bouchard avait pris le chemin d’une thérapie à la suggestion de Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et de Me Théorêt.

Jeudi, il était temps de passer au procès afin de déterminer si la drogue en était véritablement et si elle appartenait à Bouchard. La Couronne devait prouver la culpabilité de l’accusé.

Après quelques minutes dans la salle du tribunal, le criminaliste de l’Aide juridique a avisé le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, qu’il voulait cesser d’occuper en raison d’un différent avec son client.

« Le procès était prêt. Les témoins policiers étaient sur place. M. Bouchard a demandé à changer d’avocat, car nous n’avions pas la même stratégie de défense. C’est le droit de l’accusé d’avoir l’avocat de son choix », a souligné Me Théorêt.

Le magistrat a accepté la demande de l’avocat et a donné jusqu’au 26 novembre à l’accusé pour se constituer un nouveau procureur et fixer une date pour la tenue du procès.

« M. Bouchard conteste le fait que la drogue lui appartenait et demande une analyse des drogues saisies, car il n’est pas certain que cela en était vraiment. Les analyses ont été faites et il s’agit bien de drogue », a mentionné Me Marianne Girard, du DPCP.