Me Luc Tourangeau suggère une peine de 90 jours de détention à purger les fins de semaine.

Il frappe le mauvais gars

Le Chicoutimien Éric Pelletier passera de trois à six mois derrière les barreaux pour avoir frappé le mauvais gars.

Me Sébastien Vallée, de la Couronne, demande une peine de six mois de détention pour ce geste de violence causant des lésions, surtout que l’accusé avait été condamné en 2011 à six mois en société pour un geste de violence.

Me Luc Tourangeau, en défense, suggère plutôt une peine de 90 jours de détention à purger les fins de semaine. Le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, a pris le dossier en délibéré.

Le 28 novembre 2016, la mère de l’accusé, qui avait consommé de l’alcool durant la soirée et la nuit, l’appelle au petit matin pour lui dire qu’elle a été victime d’une séquestration.

Le fils, encore endormi, ne fait ni un ni deux et se rend chez sa mère. Il est environ 6 h 30 du matin. L’accusé et sa mère entreprennent la discussion. Quelques instants après, un homme cogne à la porte de la dame, qui est son amie, afin de s’enquérir de la situation. Mais le fils croit qu’il s’agit de celui qui a séquestré sa mère.

Il a donc été accueilli d’un coup de poing sur la bouche et le nez. Résultat : son partiel est brisé et le dentiste doit lui enlever neuf dents. En plus, à la suite du coup, l’homme de 55 ans est tombé au sol, s’est cogné la tête et s’est fait mal au dos.

Le hic, c’est qu’il ne s’agissait pas de la bonne personne.

La victime était présente au Palais de justice et a voulu témoigner des conséquences du coup qu’il a reçu ce matin-là.

S’il dit ne pas en vouloir à l’accusé, il espère tout de même qu’il aura une sentence de détention importante.

« Je n’ai plus de sourire. J’angoisse, je ne sors plus, j’ai peur, j’ai de la difficulté à sortir et j’ai perdu tout désir sexuel. La violence est inacceptable », a d’abord écrit la victime dans sa déclaration.

« Je suis déprimé, je prends des médicaments que je ne prenais pas auparavant. Je ne souris plus, car c’est gênant. Mon problème n’est toujours pas réglé. J’ai hâte que toute cette affaire soit terminée », note la victime.

Quant à l’agresseur, il a tenu à offrir ses excuses à la victime, qu’il connaît assez bien.

« Il m’arrive de le croiser et je baisse la tête tellement je me sens mal. Je veux venir à bout de mon impulsivité et de ma consommation de médicament. »

« J’ai commis une erreur. J’ai mal agi et j’aurais dû appeler la police plutôt que de vouloir régler la situation par moi-même », a conclu Éric Pelletier.

Le juge Guimond a pris le dossier en délibéré. Avant de quitter la salle d’audience, il avait pris soin de préciser que personne ne peut utiliser la violence pour régler un problème.