La procureure de la Couronne, Me Nicole Ouellet.
La procureure de la Couronne, Me Nicole Ouellet.

«Il faut arrêter de parler de caresse. C’est une agression sexuelle»

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Francis Émond, reconnu coupable d’agression sexuelle sur une fillette et d’entrave à la justice, pourrait écoper d’une peine de deux ans de détention. Le rapport présentenciel de l’accusé, qui est loin d’être favorable, a inquiété la procureure de la poursuite, Me Nicole Ouellet, cette dernière déclarant que les crimes sexuels commis contre les enfants doivent être sévèrement punis.

« Il faut arrêter de parler de caresse. C’est une agression sexuelle », a indiqué l’avocate de la Couronne, mercredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi, lors des observations sur la peine de Francis Émond, âgé de 56 ans.

L’homme avait plaidé coupable d’agression sexuelle et d’entrave à la justice, l’hiver dernier. Il a admis avoir « massé la vulve d’une petite fille, en lui insérant un doigt dans le vagin » à trois reprises. L’enfant, qui avait alors cinq ans, avait dénoncé les gestes à ses parents. L’individu avait ensuite fait chanter les parents, les menaçant de dire à la police que le père sodomisait ses enfants. Une enquête policière avait écarté toute implication du père, mais ces manoeuvres de chantage ont évidemment causé du tort à la famille, a témoigné la mère. Cette dernière a tenu à s’exprimer devant le juge, mentionnant que tout ce processus avait beaucoup de répercussions.

Heureusement, la victime de Francis Émond se porte bien aujourd’hui, mais la procureure de la poursuite a rappelé qu’on ne peut prévoir quel genre de séquelles pourra avoir la victime lorsqu’elle sera plus grande.

Me Nicole Ouellet a cité plusieurs passages peu élogieux du rapport présentenciel de Francis Émond, notamment qu’il croyait « faire du bien à l’enfant » et que la petite « avait eu l’initiative » des touchers. L’avocate n’a d’ailleurs pas cru les excuses de l’accusé, qui a demandé pardon à la famille de la victime en pleurant.

« C’est une image. Monsieur a des traits narcissiques et on le constate très bien en lisant le rapport. Il est allé jusqu’à affirmer qu’il pensait faire bénéficier l’enfant de ses gestes. Elle avait cinq ans! », a affirmé Me Ouellet, qui a demandé au juge de la Cour du Québec de sentencier l’homme à une peine variant entre 20 et 24 mois.

En défense, Me Charles Cantin a également admis que le rapport de son client n’était pas des plus positif, ajoutant tout de même croire les regrets partagés par Francis Émond.

Le criminaliste a aussi souligné le cheminement de son client, notamment sa participation à des thérapies en sexologie et sa réclusion dans une maison de prières du Bas-Saint-Laurent, où il a également fait un cheminement thérapeutique.

Me Cantin a plaidé pour une peine variant entre trois et 12 mois de détention, laissant au juge le soin de trancher.

Le juge Lortie a pris la question en délibéré. Il rendra sa sentence le 4 décembre prochain. D’ici là, bien qu’une peine de détention ferme l’attend, l’homme reste libre.