Il casse le bras de sa conjointe

Une thérapie fermée de neuf mois aura permis à Michaël Gaudreault d’éviter une longue détention. Il prend le chemin de la prison pour 90 jours après avoir plaidé coupable d’avoir fracturé le bras de son ex-conjointe.

Le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, a avoué que la décision n’était pas facile à prendre, mardi matin, au Palais de justice de Chicoutimi.

Il devait dissuader l’accusé et les autres personnes qui voudraient commettre de la violence conjugale que ça n’a plus sa place dans la société actuelle. En même temps, il ne voulait pas d’une justice trop clémente. Le magistrat devait toutefois tenir compte des nombreux efforts de l’individu à vouloir se racheter et devenir « un vrai homme » aux yeux de tous.

Le magistrat a résumé les épisodes de violence de l’homme de 28 ans, de Chicoutimi, dont les intérêts sont défendus par Me Olivier Théorêt, de l’aide juridique. Il a notamment noté que ceux-ci se sont déroulés sur une assez longue période, soit près d’une année sur les trois au cours desquelles le couple a vécu une relation assez houleuse.

Après une période de menaces et de voies de fait qui a duré quelques mois en 2017, Gaudreault a causé des lésions importantes à la victime.

Un soir de février 2017, une chicane a éclaté dans le logement du couple. La jeune femme s’est recroquevillée au sol en petite boule. Gaudreault s’est mis à la frapper à coups de poings et de pieds.

La victime s’est protégé le corps et la tête du mieux possible avec ses bras. À force de s’acharner sur la dame, l’individu lui a fracassé le bras.

La femme a dû être opérée et les médecins ont dû lui insérer une plaque d’acier.

Il a profité de son passage en cour pour plaider coupable à des accusations de bris d’engagement (ne pas avoir fait ses travaux communautaires), de possession de 44 grammes de haschisch, de voies de fait simple et de voies de fait causant des lésions.

La défense a convenu que l’emprisonnement s’imposait, mais demandait au tribunal de tenir compte d’une thérapie fermée (24/24) de six mois pour venir à bout de sa dépendance à l’alcool et d’une autre à la demande de l’accusée de trois mois supplémentaires pour régler sa problématique de violence.

Du côté de la Couronne, Me Mélanie Paré a plutôt demandé une peine de 12 mois de détention ferme, en tenant compte de la thérapie. La procureure de la Couronne a aussi démontré que Gaudreault avait un antécédent judiciaire de violence conjugale qui remontait à 2012.

Il avait alors eu une probation de 18 mois et avait dû effectuer des travaux communautaires.

Positif
Avant de rendre sa décision, le juge Daoust a précisé qu’il devait analyser la possibilité d’accorder un crédit à l’accusé à la suite de la thérapie, surtout que celle-ci a été réussie avec succès, selon le rapport de la maison De l’autre côté de l’ombre.

Le rapport présentenciel a aussi été positif. On y note que les risques de récidive sont amoindris si l’accusé est encadré.

Tout en notant que la société ne tolère plus ce genre de comportement, le juge Daoust a précisé que l’accusé n’avait pas eu une enfance facile, qu’il a souvent été victime de violence verbale et physique.

« Il a mentionné que les trois plus belles années de sa vie, les plus faciles, ont été celles passées dans un centre jeunesse », de résumer le magistrat.

Celui-ci convient toutefois qu’il ne peut passer sous silence les gestes commis par l’accusé.

« Il faut dénoncer ces comportements et il faut lancer un message clair à ceux qui seraient tentés de faire de même. En même temps, je ne veux pas briser le plan de match de l’accusé à la suite de sa réhabilitation. Et il faut penser à la victime. »

« C’est difficile de rendre la sentence lorsque l’on voit un accusé prendre la décision de vouloir faire un homme de lui dans notre société », note le juge.

Ce dernier a donc accordé un crédit total de neuf mois à l’accusé en raison de la thérapie fermée de neuf mois et a tenu compte de la détention préventive de 13 jours.

Le juge lui a même permis de pouvoir purger sa peine de détention de manière discontinue étant donné que Gaudreault est un actif pour la société, qu’il veut se réhabiliter et qu’il a éprouvé des remords sincères.

À la suite d’une consultation de quelques minutes, l’accusé a fait savoir à son avocat qu’il préférait une sentence continue de 90 jours en raison de la difficulté à se rendre à la prison de Roberval les fins de semaine.