Miguel Boivin n’en est pas à son premier passage en cour. En 2015, par exemple, il avait écopé d’une peine de 90 jours pour avoir montré des photos de son ex-copine nue.

Il cache un cellulaire et communique avec sa victime

Miguel Boivin, qui est accusé d’avoir séquestré, étranglé et menacé de mort celle qui était sa copine à l’époque, attendra la date de son procès en prison. L’individu de 26 ans a brisé ses conditions alors qu’il était en thérapie fermée, en cachant un cellulaire et en communiquant avec la présumée victime. Le juge Michel Boudreault, qui avait accepté d’envoyer l’accusé en thérapie en septembre dernier, ne l’a pas cru une seule seconde, cette fois-ci, lorsque l’accusé a dit qu’il regrettait et qu’il promettait de ne plus le faire. Le magistrat a ordonné sa détention.

Miguel Boivin, qui n’en est pas à son premier passage devant les tribunaux, avait été accusé en septembre dernier de voies de fait, de menace de mort, de séquestration et de menace de causer des voies de fait avec une arme, en lien avec des événements survenus au cours d’une même soirée.

Celle qui partageait sa vie avec le jeune individu était rentrée à la maison et avait retrouvé Boivin en état d’ébriété avancé. Il faut aussi préciser que l’individu a des problèmes de polytoxicomanie.

« En rentrant, la victime a caché les bouteilles de gin, parce qu’elle ne voulait plus que monsieur consomme. Il s’est montré agressif. Elle le décrit comme un homme manipulateur et très jaloux », a expliqué le procureur de la poursuite, Me Michaël Bourget.

Les choses auraient ensuite dégénéré. Miguel Boivin est accusé d’avoir serré le visage de la jeune fille et de lui avoir serré la gorge assez fort pour qu’elle ait de la difficulté à respirer. La victime se serait ensuite réfugiée dans la salle de bain pour appeler les secours, mais Boivin aurait jeté le téléphone dans les toilettes. La victime aurait voulu s’enfuir, mais l’accusé l’en aurait empêchée, d’où le chef de séquestration. Lorsqu’elle tentait de fuir, la victime se serait cogné la tête sur un cadre de porte, alors que l’accusé sortait un couteau pour la menacer. Il lui aurait dit que « c’était ce soir qu’il la tuait ».

L’accusé aurait ensuite dit qu’il l’aimait et il aurait lâché le couteau. La police est arrivée sur place entre-temps et Boivin a été arrêté.

Le 23 septembre, le jeune homme s’est présenté devant le juge Michel Boudreault dans l’espoir de pouvoir partir en thérapie pour venir à bout de ses problèmes de consommation. Le magistrat a alors accepté la demande de l’accusé, qui a pris le chemin d’une thérapie fermée de six mois.

Le procureur de la poursuite, Me Michael Bourget, a expliqué que Boivin respectait rarement ses engagements.

Mais voilà qu’au début du mois de décembre, de nouvelles informations sont arrivées aux oreilles des enquêteurs. La mère de la victime s’était rendu compte que l’accusé communiquait avec sa fille via textos, depuis plusieurs semaines. La mère a porté plainte et l’individu a été arrêté à sa maison de soins. Il est interdit d’avoir un cellulaire en thérapie et il ne pouvait évidemment pas communiquer avec la jeune fille.

Devant le juge, Miguel Boivin a expliqué que c’était son ex-copine qui était initialement entrée en contact avec lui. Ils ont ensuite entretenu des conversations s’étalant sur plus de 400 pages imprimées, lesquelles ont d’ailleurs été montrées au juge. « Vous saviez que vous n’aviez pas le droit d’avoir de cellulaire en thérapie et vous saviez que vous ne pouviez pas lui parler », a affirmé le procureur de la poursuite.

« C’est la seule chose pas correcte que j’ai faite en thérapie. J’avais une conduite exemplaire, j’ai même couru dire aux intervenants que d’autres usagers avaient rentré de la drogue. Je veux régler mon problème de consommation et de dépendance affective. Je suis tanné », a affirmé l’accusé.

« Je crois que vous avez déjà fait deux autres thérapies par le passé. Les aviez-vous terminées ? », a demandé Me Bourget.

« Non », a admis l’accusé.

Miguel Boivin demandait au juge de lui permettre de retourner en thérapie, en attente de son procès, plutôt que d’attendre en prison.

« On ne règle pas le problème de consommation de mon client si on l’envoie en prison. On ne protège pas la société à long terme », a affirmé l’avocat de Boivin, Me Olivier Théorêt.

En défense, Me Olivier Théorêt, demandait que son client puisse terminer sa thérapie.

Le juge Boudreault n’a pas vu les choses de cette manière. « Mon devoir, c’est de protéger la victime. Vous dites que c’est elle qui est entrée en contact avec vous, mais c’est le genre de chose qui arrive dans le cercle de la violence conjugale. Vous avez de graves problèmes de consommation, c’est vrai. Mais vous avez aussi des problèmes de violence, de malhonnêteté et d’intégrité. Je ne peux plus vous faire confiance. Je suis une personne qui a beaucoup d’empathie, mais là, je n’en ai plus pour vous », a affirmé le juge Boudreault, ordonnant la détention de Boivin pour la suite des procédures judiciaires.

L’individu de 26 ans reviendra devant la cour le 16 janvier pour subir son procès.