Huitième conduite avec les facultés affaiblies: Roch Lavoie connaîtra bientôt son sort

Les plaidoiries des avocats dans le procès de Roch Lavoie, un homme de 59 ans d’origine autochtone plaidant coupable pour conduite avec les facultés affaiblies, ont été entendues par le juge Michel Boudreault, lundi, au Palais de justice de Chicoutimi. Le jugement sera rendu le mercredi 17 juin prochain.

Roch Lavoie a été arrêté par des agents du Service de police de Saguenay, le 29 août 2019, alors qu’il aurait coupé à trois reprises une voie, en plus d’omettre l’utilisation de ses clignotants. Le taux d’alcoolémie de Lavoie a été enregistré à 231 mg d’alcool par 100 ml de sang, soit près de trois fois la limite permise.

Les points soulevés par l’avocat qui représente Roch Lavoie, Me Denis Otis, concernent notamment le « degré de responsabilité » de son client. Il a rappelé ses origines autochtones, les abus sexuels dont il a été victime dans sa jeunesse et la tentative de celui-ci d’aller dans un centre de réhabilitation. Roch Lavoie a fait un court passage au centre de réhabilitation Kapatakan à Sept-Îles où on lui aurait administré des médicaments nuisibles à sa santé et a quitté.

De plus, Me Otis a souligné les 13 ans d’accalmie de son client. En effet, il s’agit de la 8e infraction de Roch Lavoie pour ce chef d’accusation. Entre 1991 et 2005, Roch Lavoie a été jugé pour 7 infractions reliées à la conduite avec les facultés affaiblies et a reçu quatre sentences pour ses actes. La dernière sentence, émise en 2007, réclamait 9 mois de prison ferme et 14 mois avec sursis.

L’avocate de la direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Élise Tremblay, a d’ailleurs pris en compte les antécédents de Lavoie dans sa plaidoirie. Pour elle, les peines précédentes n’ont visiblement pas fonctionné. « Il comprend qu’il est un danger, mais il prend son véhicule », a-t-elle ajouté en faisant la lecture du rapport présentenciel. Elle a exposé plusieurs facteurs aggravant la situation, dont le taux d’alcoolémie, les symptômes de facultés affaiblies comme les pertes d’équilibre à la sortie de son véhicule, lors de son arrestation, ses antécédents et la bouteille de gin retrouvée à l’intérieur du véhicule.

Roch Lavoie, qui assistait au procès par visioconférence à la prison de Roberval, a tenu à exprimer sa prise de conscience depuis les faits et ses intentions de cesser sa consommation d’alcool. « Je ne veux plus rien savoir de ça », a-t-il dit au sujet de l’alcool, affirmant qu’il serait d’ailleurs prêt à intégrer les Alcooliques anonymes (AA).

La défense réclame une peine de 13 mois et 18 jours en plus d’une période de deux ans de probation suivie, avec interdiction de consommer et de posséder de l’alcool. Durant cette période de probation, Roch Lavoie devrait aller à deux rencontres des AA par mois. De son côté, la représentante du DPCP demande 30 mois d’emprisonnement et une interdiction de conduire à vie.