La juge Micheline Paradis.

Huit mois pour menaces de mort à un juge

Un détenu ramené d'une évaluation psychiatrique vers une salle d'audience du Palais de justice de Chicoutimi a proféré des menaces de mort envers la juge Micheline Paradis de la Cour du Québec devant qui il devait comparaître.
Avant même de mettre les pieds dans la salle d'audience le 17 janvier dernier, Simon Boivin-Larouche a déclaré à un des agents des services correctionnels qui l'amenaient: «Je m'en vais au pen! Cette fois c'est pour trois mois, la prochaine ce sera pour 15 ans parce que je vais tuer la juge Paradis!»
Il a aussi ajouté qu'il savait où elle habitait, «dans le Sud».
Ces paroles ont immédiatement interrompu le transfert en direction de la salle d'audience où siégeait la juge et le prévenu a été ramené en cellule.
Normalement, il devait comparaître devant la juge avec le résultat de son évaluation: Boivin-Larouche est apte à comparaître.
Une enquête a mené à l'accusation d'avoir menacé une personne liée au système judiciaire, un délit punissable d'un maximum de 14 ans de pénitencier.
Boivin-Larouche a été mis en accusation par un procureur de Sainte-Foy qui n'a aucun lien avec la région, et un juge de l'extérieur a entendu les représentations des avocats sur ce seul chef. Me Jean Caron a procédé au récit de l'événement et informé le juge coordonnateur Richard Côté du Bas-Saint-Laurent des circonstances de la menace.
«Il n'est jamais passé devant cette juge qui ne l'a jamais condamné dans le passé. Il a plusieurs antécédents de violence et un passé psychiatrique qui a déjà conclu à un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux» a indiqué Me Caron.
L'avocat de la défense, Me Luc Tourangeau, a déclaré que son client n'avait aucune animosité particulière envers la juge Paradis et qu'on croit qu'il a pu apprendre le nom de la juge qui serait sur le banc par une tierce personne dont on ignore l'identité et le statut. Il avance que les paroles pourraient être le résultat de la frustration d'être déclaré apte à subir un procès.
Considérant les explications et la jurisprudence, le juge Côté a imposé une peine de huit mois d'incarcération et une probation de deux ans dont la première moitié avec suivi par le service de probation.
Il lui est aussi interdit d'approcher la juge, les endroits où elle est susceptible d'être, y compris les palais de justice. Si Boivin-Larouche est convoqué devant le tribunal alors qu'il n'est pas détenu, il devra signaler immédiatement son arrivée au constable spécial de faction et l'informer de son départ pour qu'il soit conscient de sa présence.
Slemelin@lequotidien.com