Le Jonquiérois Bruno Bouchard demeure incarcéré jusqu’à une prochaine étape des procédures judiciaires. — archives le quotidien

Hommes barricadés: trois décisions différentes dans trois cas

Le Jonquiérois Bruno Bouchard, qui s’est barricadé durant 16 heures dans son logement de la rue Saint-Dominique, demeure incarcéré pour la balance des procédures judiciaires. René Lord, qui a mis le feu à son logement, reçoit une sentence de neuf mois en société, alors que Jean-Philippe Rioux, qui avait lancé des objets à des policiers, a pris le chemin de la prison pour six mois.

Au cours des neuf derniers mois, trois hommes se sont barricadés dans leur logement et ont obligé les forces policières à déployer des effectifs pour mettre fin à ces sièges. 

Le cas le plus médiatisé est sans doute celui de Bruno Bouchard. L’individu a fait savoir aux policiers, le 21 mars dernier, qu’il était dans une mauvaise phase et qu’il pourrait causer des dommages.

Sa conjointe venait de le quitter pour un autre homme, ce qui a poussé Bouchard à s’enfermer chez lui, sur la rue Saint-Dominique, et à menacer les policiers.

Le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a refusé de remettre l’individu en liberté, invoquant le fait que la récidive est vraiment possible dans son cas et que sa liberté pourrait miner la confiance du public envers le système judiciaire.

Pour justifier sa volonté de garder Bouchard en détention, Me Karen Inkel, de la Couronne, a fait visionner les images vidéo que l’accusé a publiées sur le réseau social Facebook. Bouchard y démontre beaucoup de haine. 

Me Justine Guay-Langevin, avocate en défense, a fixé le dossier dans les jours à venir afin de trouver une solution à cette affaire.

Quant à René Lord, qui avait mis le feu à son logement le 9 avril 2017, il a reçu une peine de neuf mois à purger en société. Il sera sous probation pendant 24 mois et sera suivi par le service probatoire pour la même période.

Lord, 63 ans, qui s’est retrouvé en période de désorganisation, avait des idées suicidaires à l’époque. Il avait mis le feu à son logement, menacé les policiers et commis un bris de condition.

Le client de Me Pierre Gagnon a réussi une thérapie de six mois, ce qui lui a permis de se placer dans une meilleure situation.

Finalement, Jean-Philippe Rioux a écopé, jeudi dernier, d’une sentence de six mois de détention pour avoir fait du grabuge à partir de son appartement de la rue Salaberry, à Chicoutimi.

L’homme avait lancé tout ce qui se trouvait sous sa main en direction des policiers lors d’une soirée de juillet 2017.

Le juge Michel Boudreault aurait voulu éviter la détention à Rioux. Mais comme aucune ressource ne peut véritablement répondre aux besoins du détenu, le magistrat n’a eu d’autres choix que de lui imposer une sentence de prison.