Harcèlement et violence: il plaide coupable, mais...

Le juge Michel Boudreault a longtemps hésité avant d’accepter les plaidoyers de culpabilité d’Ugo Fillion, accusé de harcèlement criminel et de voies de fait à l’égard de sa conjointe, de même que de menace envers la fille de sept ans de cette dernière. L’individu a en effet plaidé coupable, lundi matin, mais a déclaré que « c’était pas mal moins pire » que le récit du Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Ugo Fillion est détenu depuis son arrestation en mai 2018. Il est accusé d’avoir cassé deux côtes à sa conjointe de l’époque, de lui avoir enfoncé le visage dans un oreiller, de l’avoir poussée et de lui avoir mordu les doigts jusqu’au sang. Ces voies de fait ont été commises sur une période de plusieurs mois. Le couple s’est séparé après une première plainte à la police, puis s’est remis ensemble plus tard.

Ugo Fillion lui aurait également dit qu’elle finirait au fond d’un trou dans la cour arrière. L’individu était également accusé de harcèlement criminel en lien avec des séries de textos et de menace envers la petite fille de la victime, qui était âgée de sept ans au moment des faits, en plus d’être accusé de trafic de méthadone.

« Plaidez-vous coupable de façon libre et volontaire ? », a demandé le juge Boudreault, comme les magistrats le font chaque fois qu’un accusé enregistre un plaidoyer de culpabilité.

« Oui, oui », a répondu Ugo Fillion.

« En êtes-vous certain ? », a rétorqué le juge.

« Je vais plaider coupable à ce que mon avocat me dit de plaider coupable », a répondu l’homme.

Évidemment, cette réponse n’a pas plu au juge Boudreault, qui a refusé d’accepter les plaidoyers, préférant avoir plus d’explications.

« Je veux bien plaider coupable, mais ce n’est pas aussi grave que ça en a l’air. Je lui ai mordu les doigts, mais l’histoire ne dit pas qu’elle me les avait enfoncés dans la bouche. Je l’ai poussée, mais elle m’avait craché au visage avant. Nous étions dans une relation toxique et nous consommions beaucoup », a expliqué l’accusé, qui a également admis avoir installé un téléphone cellulaire sous une chaise pour écouter sa conjointe en son absence.

Concernant les menaces à l’égard de sa belle-fille de sept ans, Ugo Fillion aurait écrit à sa conjointe « qu’elle avait une heure pour sauver sa fille ». Selon les dires de l’accusé, il ne disait pas ça pour lui faire peur.

S’il a plaidé coupable, c’est parce que les motifs de défense étaient plutôt minces, en raison, notamment de sa forte stature comparativement à celle de la victime.

Finalement, le juge Michel Boudreault a entériné les plaidoyers de culpabilité, non sans peine.

Les représentations sur la peine devraient se tenir mardi. Ugo Fillion a déjà une peine de pénitencier à son actif.