Le corps de la jeune étudiante portait des marques laissées par l’assassin.

Guylaine Potvin: un enquêteur émet deux hypothèses

Si l’assassin de la collégienne Guylaine Potvin et aussi agresseur d’une étudiante de Québec court toujours, un policier qui a été proche du dossier émet deux hypothèses pour expliquer qu’il n’ait pas été encore épinglé. L’individu est peut-être décédé ou aurait quitté le pays.

En lien avec les informations diffusées depuis quelques jours sur la relance de l’enquête dans ces deux affaires d’agressions sexuelles et de meurtre, Le Quotidien a pu discuter avec un enquêteur impliqué de près dans cette malheureuse affaire du 28 avril 2000.

Ce matin-là, une amie de la jeune femme de Saint-Eugène d’Argentenay, dans le nord du Lac-Saint-Jean, a découvert le corps inanimé de Guylaine Potvin dans la chambre qu’elle occupait sur la rue Panet, à Jonquière. Elle étudiait au Cégep de Jonquière.

« Je me souviens de tout ce qui s’est passé cette journée-là. Je pense que nous avons fait tout ce que nous pouvions faire à l’époque, avec les moyens que nous avions pour tenter d’élucider l’affaire. Durant des années, un policier de Saguenay a été assigné à l’affaire de Guylaine Potvin. Ensuite le dossier est tombé sous la supervision des “cold cases” (dossiers non résolus) sous la juridiction de la Sûreté du Québec (SQ) », précise notre source.

« J’aimerais bien que l’on retrouve celui qui a fait ça. Je ne sais pas si ce sera possible. Il est possible que l’agresseur soit décédé depuis le temps ou encore qu’il ait quitté le Canada pour regagner son pays. À notre connaissance, il n’y a pas eu d’autres cas similaires à la suite de la deuxième agression », croit-il.

Le policier émet l’hypothèse d’un étranger au fait que de nombreux étrangers se trouvaient dans les milieux étudiants du Cégep de Jonquière et de l’Université Laval en 2000.

Par ailleurs, la victime de Québec dans cette affaire d’agression sexuelle, Isabeau (c’est elle qui a choisi le surnom), souhaite que le ministère de la Sécurité publique du Québec crée une escouade mixte avec la SQ et les corps policiers municipaux afin de travailler sur les dossiers non résolus au Québec.

« Il serait intéressant que l’on crée une équipe spécialisée en provenance de divers corps policiers, dont la SQ. Actuellement, on dirait que ça se fait au bon vouloir des enquêteurs responsables. Il ne semble pas exister de réseautage afin de regarder et de comparer les dossiers en matière d’agressions sexuelles. Ça prendrait une équipe comme l’Escouade régionale mixte (ERM) pour la drogue », estime Isabeau.

Cette vision des choses n’est pas partagée par notre autre source (celle citée plus haut). Il croit que le nombre de dossiers n’est pas suffisant et qu’il existe déjà une bonne collaboration entre les corps policiers municipaux et la SQ.

« Une escouade mixte n’est pas nécessaire, car nous collaborons déjà entre corps policiers. Les dossiers non résolus relèvent de la juridiction de la SQ et je ne pense pas qu’il puisse y avoir assez de dossiers au Québec pour créer une équipe spéciale. »

« Le travail et la recherche se font déjà en coopération. Les policiers municipaux ne sont jamais écartés », de mentionner notre source.