Le juge Pierre Lortie a retenu la version de l’accusé pour l’acquitter de conduite avec les capacités affaiblies.

Grandisson acquitté après une sortie de route

Même si Pascal Grandisson s’est retrouvé dans le fossé à la suite d’une sortie de route, qu’il a avoué avoir consommé de l’alcool durant la soirée et qu’il a même entonné la chanson Hawaïenne dans la voiture de police, il a été acquitté des accusations de conduite avec les capacités affaiblies.

Le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, a rendu son jugement lundi au Palais de justice de Chicoutimi. Il a cru la version de l’accusé de 32 ans lors du procès du 17 janvier dernier.

Au cours de la soirée du 17 décembre 2016, Grandisson se trouve dans un bar de Chicoutimi où il consomme trois grosses bières entre 18 h et 1 h 30.

Au moment de quitter l’établissement, il ne se sent pas en mesure de conduire et songe à appeler Nez Rouge. Mais une de ses amies lui offre plutôt l’hospitalité, ce qu’il accepte.

Sauf que vers 4 h 30, l’amie reçoit un appel de son fils qui a besoin d’aide. Elle doit quitter la résidence, mais n’est pas à l’aise de laisser Grandisson seul chez elle.

La dame le réveille et le ramène à son véhicule.

L’accusé estime être en mesure de reprendre sa voiture pour retourner chez lui.

Grandisson se dirige vers Saint-David-de-Falardeau. Vers 5 h, sur une route rurale enneigée, il perd le contrôle de son véhicule et s’enlise. Il prend une pelle et tente de se dégager.

Dans les minutes suivantes, un citoyen passe par là et lui demande s’il a besoin d’aide. Grandisson répond par la négative, précisant que ses parents arrivent pour l’aider.

Le citoyen a perçu des symptômes de capacités affaiblies, comme la bouche molle et la difficulté à parler. Il communique avec les policiers.

Les patrouilleurs sont avisés de la situation vers 5 h 22 et se dirigent vers le chemin du lac Sébastien. Ils arrivent sur les lieux à 5 h 50 et aperçoivent le véhicule enlisé. Les parents de Grandisson avisent les policiers que leur fils est chez lui.

Les agents se rendent chez l’accusé. Ce dernier collabore et donne sa version. Les policiers notent les symptômes de capacités affaiblies et mettent l’individu en état d’arrestation.

Les policiers quittent les lieux en compagnie de l’accusé vers 6 h 8. Quelques instants plus tard, le véhicule patrouille s’enlise à son tour. En attendant de sortir la voiture de sa fâcheuse position, Grandisson parle de sa vie, de ses emplois et de sa famille, tout en entonnant la chanson Hawaïenne des Trois Accords (qui jouait à la radio).

Le juge Lortie s’interroge à savoir s’il existe un doute raisonnable à l’égard de la commission de l’infraction.

« La preuve ne révèle rien de problématique concernant la conduite du véhicule. Tous conviennent que le dérapage ne peut être retenu contre l’accusé, d’autant plus que le véhicule patrouille s’est lui aussi enlisé. Les policiers reconnaissent que l’accusé a collaboré et répondu aux questions sans être confus », écrit le juge.

Ce dernier ajoute que la preuve de la Couronne repose sur les symptômes de bouche pâteuse, de difficulté à parler et d’une perte d’équilibre.

Selon le juge, l’accusé apporte une explication crédible en précisant que les médecins lui ont diagnostiqué un cancer entraînant un déficit hormonal. Les injections reçues lui font perdre son énergie.

« Le fait d’avoir pelleté durant une quinzaine de minutes a accentué le problème. Bref, il ne se sent pas bien lorsqu’il croise le citoyen et que les policiers interviennent. Il ressent la soif et vacille en mettant ses souliers », ajoute le juge, retenant aussi que l’accusé voulait appeler Nez Rouge, démontrant une certaine lucidité.

Le magistrat retient que la version de l’accusé est crédible et qu’il existe un doute raisonnable pour prononcer un acquittement.