Me Jean-Marc Fradette, en défense, demande la tenue d’une enquête préliminaire pour vérifier la solidité de la preuve dans le dossier de Bernard Gaudreault.

Gaudreault aurait fait cinq victimes

Ex-membre membre de l’Association des scouts du Canada, Bernard Gaudreault, de Saint-Honoré, fait face à 11 chefs d’accusation en lien avec des agressions sexuelles et de contacts sexuels sur cinq victimes présumées d’âge mineur, dont trois ont appartenu au mouvement fondé par Baden-Powell en 1907.

Les faits reprochés à l’homme de 55 ans, qui demeure sur le boulevard Martel, se seraient produits entre 1998 et 2018, soit une période de 20 ans.

Étant donné que les victimes étaient d’âge mineur, le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, a émis une ordonnance de non-publication qui pourrait faire en sorte d’identifier les victimes.

S’il a été bénévole pour les Scouts, Gaudreault a aussi été conducteur d’autobus scolaire à Saint-Honoré. Par contre, selon les informations obtenues, il n’aurait pas agressé des enfants qu’il transportait.

Cela n’a pas empêché Hugo Gilbert, président du Groupe Intercar, de congédier son employé des 28 dernières années à la suite des allégations.

Selon les informations, trois des cinq victimes de l’accusé seraient passées par le 38e groupe Scouts Canada de Saint-Honoré et Saint-David de Falardeau.

Me Jean-Marc Fradette, qui représente les intérêts de l’accusé, a demandé la tenue d’une enquête préliminaire. La date sera fixée le 15 juin. 

« L’enquête préliminaire est une procédure pour évaluer adéquatement la preuve. Compte tenu des cinq plaignantes, compte tenu des 11 chefs d’accusation, cette enquête sert à nous éclairer si la preuve est viable et si elle peut entraîner une condamnation », note Me Fradette.

« Je préfère, dans ce type de dossier, tenir une enquête préliminaire pour m’assurer de la qualité de la preuve et de guider adéquatement l’accusé à travers le dédale des procédures », poursuit le criminaliste.

À la conclusion de cette procédure judiciaire, si Gaudreault est cité à procès, il n’est pas impossible que la défense demande un procès devant juge et jury.

L’homme est accusé d’agressions sexuelles et de contacts sexuels sur les cinq présumées victimes. Comme les crimes ont été commis sur une longue période, les chefs d’accusation ont changé au fil du temps.

À l’occasion de la comparution de Gaudreault, Me Fradette a précisé que son client n’avait pas à être présent à cette étape des procédures judiciaires.

« Non, il n’est pas présent parce qu’il a déménagé récemment. La loi prévoit que l’accusé n’a pas à être présent à sa comparution à la condition d’avoir signé un document de désignation d’avocat. C’est ce qu’il a fait. Ça lui évite d’être présent à la Cour dans une procédure où nous ne cueillons que la preuve. En général, nous ne faisons pas venir nos clients pour la comparution », a indiqué Me Fradette.

La présence de l’accusé ne sera pas requise tant et aussi longtemps que le magistrat ne l’exigera pas ou que le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) ne le demandera pas. Il devra y être pour l’enquête préliminaire et son procès. Ou encore si l’accusé prend la décision de plaider coupable.

Impacts

Le dépôt des accusations sur des agressions sexuelles et des contacts sexuels fait en sorte souvent d’avoir des répercussions sur les organismes concernés.

Du côté du mouvement Scout, la directrice des communications, Chantal Charron, a été mise au courant de la situation entourant Bernard Gaudreault.

« Au départ, nos premières pensées vont aux victimes. Chaque cas d’abus ou de violence en est un de trop. Nous rappelons à nos membres et aux responsables que c’est tolérance zéro. Lorsque nous sommes mis au courant de pareilles situations, la personne est remerciée immédiatement », mentionne Mme Charron.

Celle-ci ne cache pas que les organisations comme l’Association des scouts du Canada se trouvent à risque de comportements de ce genre de la part de certains membres.

Mme Charron ne sait pas si des parents seront incités à retirer leur enfant du mouvement canadien, dont l’objectif est de créer un monde meilleur.

« De notre côté, nous mettons tout en œuvre pour partager notre politique en cette matière. Dès que nous sommes avisés d’une telle situation, nous voyons à faire parvenir une lettre aux parents des enfants du mouvement Scout concernés afin de les aviser des événements. Nous voulons être transparents et nous travaillons toujours en collaboration avec les corps policiers », a indiqué la directrice des communications.