Fusillade à Toronto: Hussain ne laissait pas paraître sa maladie mentale

TORONTO - Ashley Robinson voyait Faisal Hussain presque tous les jours quand elle promenait son chien autour de leur immeuble d'habitation de Toronto.

«Il souriait toujours», a-t-elle dit, ajoutant qu'ils vivaient dans le même immeuble à Thorncliffe Park, un monstre gris de 21 étages qui abrite des immigrants et des Canadiens.

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L'homme de grande taille du septième étage se faisait un point d'honneur de caresser son chien Dax, en lui disant qu'il était un bon chien. «Plusieurs ici ont peur de mon chien, mais pas lui», a dit Mme Robinson.
Elle ne connaissait même pas son nom avant lundi, quand elle a vu aux nouvelles la vidéo qui semble le montrer tirant dans la foule dans le quartier Greektown, dimanche soir.
«J'ai commencé à pleurer quand j'ai vu cette vidéo», a dit Mme Robinson.
Hussain a tué une fillette de 10 ans et une femme de 18 ans, en plus de blesser 13 autres personnes, dont certaines grièvement. Il a été retrouvé mort peu de temps après, mais on ne sait pas s'il s'est suicidé ou s'il est tombé sous les balles de la police.
Les autorités enquêtent sur les motivations de Hussain, mais il n'y a pas eu de publications sur les réseaux sociaux, pas de révélations furieuses en ligne, pas de vidéos décousues.
Pourtant, alors qu'ils sont nombreux dans l'immeuble d'habitation à se souvenir d'un jeune homme heureux et souriant, il semblerait que cette façade camouflait un combat sombre.
«Notre fils a eu de graves problèmes de santé mentale, luttant contre la psychose et la dépression toute sa vie», a déclaré sa famille lundi par voie de communiqué.
Hussain vivait avec ses parents dans l'immeuble, et les voisins ont dit que la famille était pakistanaise. Hussain, âgé de 29 ans, est né au Canada, selon des personnes qui connaissaient la famille.
Aamir Sukhera a dit qu'il était un ami proche de la famille de Hussain. Les habitants du quartier ont dit que la famille de Hussain a été frappée par d'autres tragédies ces dernières années, notamment la mort de la s?ur de Hussain lors d'un accident de voiture.
Pourtant, les amis ont dit qu'il était toujours joyeux.
«Il avait un sourire d'un million de dollars, il était très optimiste et heureux chaque fois que je le voyais», a déclaré M. Sukhera, ajoutant que Hussain «semblait aller bien».
Mais sa famille a indiqué dans son communiqué avoir cherché de l'aide pour lui.
«Les interventions des professionnels ont échoué, les médicaments et la thérapie ont été incapables de le soigner, alors nous avons fait de notre mieux pour lui offrir de l'aide tout au long de sa vie de lutte et de souffrance. Nous n'aurions jamais pu imaginer qu'il connaîtrait une fin aussi destructrice et dévastatrice», ont dit ses proches.
Lundi, à l'extérieur de son immeuble, de petits enfants couraient sur la pelouse, des femmes se rassemblaient pour discuter et les hommes fixaient le bâtiment, essayant de comprendre comment, ou pourquoi, un voisin ferait quelque chose de si horrible. Des gens du Sri Lanka, de la Slovaquie, de l'Inde, du Bangladesh, du Pakistan, de l'Afghanistan, des Philippines et du Canada vivent tous dans le quartier et coexistent normalement pacifiquement.
Le quartier, qui est considéré comme étant de la classe moyenne inférieure selon les normes de Toronto, est généralement sécuritaire, bien que certains résidents aient signalé une légère hausse de la criminalité.
La violence armée est presque inconnue dans la région et à Toronto. La réalisation soudaine qu'un voisin possédait une arme de poing était profondément troublante pour de nombreux voisins de Hussain.
«Comment a-t-il obtenu l'arme?, a demandé Malak Faisal, un homme de 39 ans père de deux enfants. Nous vivons au Canada, pas là où il est facile d'acheter une arme à feu.»