Fillette de quatre ans seule dans la rue: la mère donne ses explications

« Je voulais aller au parc. C’était trop long ! »

C’est en ces quelques mots que la fillette de quatre ans retrouvée seule dans la rue, vendredi matin à Chicoutimi-Nord, a expliqué à sa mère ce qui s’est passé.

Aujourd’hui, la mère de l’enfant tient à raconter ce qui est arrivé. Elle n’en veut pas à ceux qui l’ont jugée sans la connaître à la suite de la publication de la nouvelle, mais tient à rassurer les gens sur la situation familiale et à leur rappeler que même si elle ne le souhaite à personne, ce genre de situation peut arriver à n’importe qui.

« Nos enfants on les aime. Personne n’est à l’abri. Peu importe de quel niveau social on est, ça peut arriver. Moi aussi quand j’ai lu l’article j’aurais pu penser que c’est un autre enfant dans la misère. Je ne peux pas en vouloir à personne. »

La maman en question a cinq enfants, dont un seul d’âge scolaire. Les plus petits fréquentent habituellement une garderie, mais cette dernière est fermée pour une période d’un mois. « Les enfants sont habitués de jouer dehors tous les jours. Depuis qu’ils sont à la maison avec moi, ils regardent les enfants jouer dans la cour du CPE tout près. Ma fille voudrait aller jouer avec eux », raconte-t-elle.

Jeudi, la petite famille s’est préparée en vue d’un après-midi au parc. Mais la pluie s’est mise à tomber lorsqu’ils ont mis le bout du nez dehors. La mère a dû rebrousser chemin avec sa marmaille déçue. Elle a promis qu’ils y retourneraient le lendemain.

Vendredi matin, le père est au travail. La mère, qui œuvre en milieu hospitalier deux nuits par semaine, entamera son quart de travail lorsqu’il sera de retour.

« On a fait une sieste pendant que le plus vieux était à l’école. J’ai couché les plus petits dans leur chambre et je me suis couchée avec ma quatre ans dans mon lit. Je me suis réveillée quand mon grand est arrivé pour dîner. Les autres dormaient encore. Je croyais que ma fille était au salon à regarder la télévision avec son frère. J’ai traîné un peu, puis je me suis levée. Je trouvais ça trop tranquille. J’ai demandé à mon fils où était sa sœur. Il croyait qu’elle était au sous-sol. C’est là que sont la salle de jeux et les chambres des enfants. »

Mais la petite n’était pas au sous-sol. Quand elle a constaté que la porte arrière de la résidence était débarrée, la mère de famille est immédiatement sortie pour crier le nom de sa fille. Elle est rapidement rentrée pour appeler les policiers.

« Elle n’était jamais sortie seule. J’étais paniquée. Chaque minute compte dans ces situations. Je me disais que si elle était cachée, j’aurais seulement appelé la police pour rien. Quand j’ai téléphoné, une policière était déjà avec elle. Elle a passé 45 minutes avec la policière et la dame qui l’a trouvée. Elles essayaient de savoir où elle restait. Elles ont aussi fait le tour des garderies du coin. Je remercie Dieu qu’elle ne soit pas partie en vélo ou qu’elle ne soit pas allée vers le boulevard. »

Quant au fait que la petite disait avoir faim, la mère de famille n’est pas surprise. « C’est une enfant de quatre ans qui mange toute la journée. Quand on visite papi et mamie ou un oncle, elle demande à manger en arrivant. »

La mère affirme que la petite n’a pas été chamboulée par les événements.

« Quand elle est arrivée dans la voiture de police, elle sautait sur la banquette. Elle n’avait pas l’air du tout traumatisée. Moi, j’ai été bouleversée quelques jours. Je me suis fait plein de scénarios dans ma tête. »

Les parents ont pris les moyens pour que ce genre de situations ne se reproduise plus.

« Dès que la policière est partie, mon conjoint est allé chercher des barrures supplémentaires pour les portes. Ma fille m’a demandé pourquoi. Je lui ai dit “mon amour, tu es allée dehors loin et maman a eu peur”. »