Tony Charron a été amené au Palais de justice de Chicoutimi vendredi matin.

Femme âgée violentée : l'accusé envoyé en examen psychiatrique

Le Chicoutimien Tony Charron a pris le chemin de l’hôpital de Chicoutimi pour une période maximale de 30 jours afin de subir un examen psychiatrique sur sa responsabilité criminelle à la suite d’une attaque visiblement gratuite qu’il aurait commise à l’endroit d’une femme de 73 ans. L’homme doit faire face à des accusations de tentative de meurtre, de voies de fait graves et de menaces de mort.

L’homme de 49 ans s’est présenté vendredi matin devant la juge Sonia Rouleau, de la Cour du Québec, vêtu d’une combinaison blanche remise à certains accusés après leur arrestation. 

D’entrée de jeu, Me Luc Tourangeau, qui représente les intérêts de l’accusé, et Me Sébastien Vallée, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), ont demandé une ordonnance en vertu de l’article 672.11b du Code criminel canadien afin que des personnes compétentes puissent évaluer sa responsabilité criminelle.

Charron est accusé de tentative de meurtre, de voies de fait graves et de menaces de mort contre une septuagénaire venue lui demander, selon les informations policières, de pouvoir utiliser son téléphone.

L’accusé, qui demeure sur la rue Saint-Paul à Chicoutimi, aurait accueilli la dame en lui assénant un coup de tasse de café en plein visage, en la bousculant et en la poussant en bas des marches du deuxième étage. Après être parvenue à ramper, la femme n’aurait pu se rendre bien loin, étant donné que Charron aurait continué à la rouer de coups, jusqu’au moment où elle aurait pu se réfugier dans son logement.

Les policiers de Saguenay ont été appelés en renfort et ont procédé à l’arrestation de l’homme qui avait encore les mains ensanglantées.

La victime serait tombée du deuxième étage, à cet endroit.

Un peu tout le monde s’interroge sur les motifs qui auraient poussé Charron à agir de la sorte envers une dame qu’il ne connaissait même pas.

Il semble que Charron venait d’aménager dans le logement depuis le 1er juillet, alors que la plaignante s’y trouve depuis quelques mois.

Me Tourangeau et Me Sébastien Vallée ont convenu qu’un examen psychiatrique était nécessaire.

« Nous demandons un examen sur la responsabilité criminelle compte tenu de la situation particulière, des gestes posés et des événements, surtout qu’il semble qu’il n’y ait pas de connexion entre monsieur et la plaignante. Sans entrer dans le secret professionnel, avec les discussions que j’ai eues avec mon client ce matin (vendredi), il m’apparaissait important de faire cette vérification avant de commencer les procédures », a mentionné Me Tourangeau, qui a reçu une partie de la preuve de la Couronne.

Le criminaliste convient que les accusations contre son client sont tout de même graves, notamment sur le chef d’accusation de tentative de meurtre, mais il entend bien y accorder toute l’attention que cela mérite.

« Oui, une accusation comme celle-là prévoit qu’un accusé peut être condamné à perpétuité. Il peut y avoir des peines minimales dans certains dossiers, mais il faut retenir que mon client est innocent jusqu’à preuve du contraire », a conclu Me Tourangeau.

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DES TRACES DE SANG BIEN VISIBLES

(Patricia Rainville) — Il était facile de remonter le fil des événements, simplement en suivant le sang que la victime a perdu après avoir été poussée du deuxième étage, jeudi, dans le quartier Saint-Paul de Chicoutimi. 

La dame de 73 ans a visiblement rampé quelque mètres sur le stationnement de la maison à logements où a eu lieu l’agression, après s’être écrasée au sol et avant d’être poursuivie par son assaillant. 

Vendredi, lors du passage du Progrès sur les lieux, quelques voisins se disaient inquiets par les événements, mais ils ne savaient pas exactement ce qui s’était passé. La dame âgée de 73 ans vit dans un logement situé au-dessus du dépanneur, à côté de la maison où a été perpétrée l’agression. 

Dans le secteur, la dame est connue pour vouloir utiliser fréquemment le téléphone de ses voisins. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle s’est rendue, jeudi après-midi, à l’arrière de la maison à logements. Elle est montée au deuxième étage, où elle aurait cogné chez l’accusé, Tony Charron, afin de lui demander d’utiliser son téléphone. 

C’est à ce moment que la septuagénaire aurait reçu un coup de tasse au visage et qu’elle aurait été poussée dans les marches du deuxième étage. 


On pouvait facilement suivre les traces de sang au sol, 
vendredi.

La dame aurait tenté de se sauver en rampant, mais l’individu l’aurait poursuivie. Il aurait continué de la frapper et l’aurait aussi étranglée, tout en la menaçant de mort. Les traces de sang sont bien visibles sur quelques mètres, soit jusqu’à la rue, tout juste à côté du dépanneur. 

« C’est un monsieur qui est rentré dans le dépanneur en disant qu’il y avait une dame en sang à côté. Je suis sorti et je l’ai vue. J’ai mis une couverture sur elle et nous lui avons dit de ne pas bouger. Elle voulait qu’on la lève, mais on l’a immobilisée », a raconté le propriétaire du dépanneur de la rue Saint-Paul, Jean-François Tremblay.

Le propriétaire du dépanneur, Jean-François Tremblay, a porté secours à la victime.

Les ambulanciers sont rapidement arrivés sur les lieux et la dame a été prise en charge. Elle souffrait notamment d’une fracture du bassin. La victime est toujours hospitalisée, mais on ignorait si son état de santé s’était amélioré ou détérioré, vendredi. 

L’accusé n’était pas connu des voisins rencontrés vendredi sur les lieux. 

Une voisine s’est dite particulièrement inquiète, affirmant que ce n’était pas très tranquille dans le secteur. De son côté, celui qui est propriétaire du dépanneur depuis 18 ans a indiqué que le quartier était beaucoup plus calme depuis quelques années. « Auparavant, il y avait plusieurs hold-up, mais il n’y en a presque plus aujourd’hui. Disons que ça brasse encore, mais pas mal moins qu’avant », a souligné M. Tremblay. 

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