Me Charles Cantin note qu’une personne n’a pas besoin d’exhiber des seringues pour être accusée de voies de fait. Le simple fait de le dire peut faire en sorte qu’une victime puisse avoir craint pour sa sécurité.

Fausse menace à la seringue

Alexandre Gaudreault-Ouellet a appris que la justice ne lésine pas avec les menaces et les voies de fait, même si personne n’a été touché et qu’aucune arme n’a été sortie. Le seul fait de vouloir intimider des gens en prétextant avoir des seringues sur soi est un crime.

Le Jonquiérois a écopé d’une sentence de quatre mois de détention, à laquelle le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, a retranché trois mois de détention préventive pour un vol à l’étalage, des voies de fait et trois bris de probation et d’engagement.

Le 23 novembre 2017, Gaudreault-Ouellet se présente au marché d’alimentation Métro PE Prix, de Jonquière, même s’il sait qu’il est persona non grata dans le commerce pour y avoir déjà commis des vols par le passé.

Rapidement, le client de Me Charles Cantin est remarqué par le personnel de l’épicerie et par les responsables de la sécurité.

Ceux-ci l’interceptent et lui demandent de quitter l’établissement. Mais avant qu’il ne sorte par la grande porte, Gaudreault-Ouellet doit montrer qu’il n’a rien pris, car les agents de sécurité soupçonnent qu’il ait pu commettre un larcin.

L’homme de 33 ans est invité à ouvrir son manteau. Les agents découvrent du fromage et divers autres produits d’une valeur de 52,36 $.

Le voleur est amené dans un local afin d’être interrogé en attente de l’arrivée des policiers. Craignant probablement d’être davantage fouillé, l’individu y va d’un commentaire inquiétant.

« Faites attention, j’ai des seringues », lance Gaudreault-Ouellet à l’endroit des responsables de la sécurité.

« Oui, nous allons faire attention », répliquent les agents, tout en prenant leur distance avec le voleur.

Et Gaudreault-Ouellet ne fait rien pour les rassurer en répliquant qu’ils étaient effectivement mieux de faire attention.

Au final, les responsables du commerce d’alimentation n’ont pas voulu demeurer avec l’accusé plus longtemps et l’ont invité à quitter le commerce et à ne pas y revenir. Et ce avant l’arrivée des policiers.

Il a été démontré que l’individu n’était pas en possession de seringues.

Mais il y avait une crainte raisonnable pour les agents de sécurité d’être piqués et infectés par les seringues.

Au cours de l’hiver 2018, le client de Me Cantin aurait dû se présenter au Palais de justice pour répondre à des accusations de bris d’engagement et de probation.

Comme il a oublié de respecter son engagement, un mandat d’arrestation a été lancé. Son arrestation a été réalisée le 16 avril.

En plus de la détention de quatre mois (il en reste un à faire), le juge Daoust impose une période de probation de deux ans à l’accusé, incluant un suivi de 18 mois. L’homme devra respecter les recommandations du service de probation et devra s’abstenir de consommer des stupéfiants.

« J’invite M. Gaudreault-Ouellet à respecter sa probation. Il sait déjà que ce sera la partie la plus difficile de sa période de détention », d’affirmer le criminaliste.

L’accusé a mentionné vouloir s’en sortir.