Fausse infirmière démasquée à Jonquière: des mesures de sécurité mises en place

Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean a mis des mesures en place afin d’éviter des cas d’usurpation d’identité. Une fausse infirmière a pratiqué pendant 20 ans à l’hôpital de Jonquière avant d’être démasquée. La femme a utilisé le numéro de permis d’une autre infirmière qui porte le même nom et qui travaille également au sein d’un établissement de la région.

Le stratagème de l’infirmière qui a notamment pratiqué au bloc opératoire de l’hôpital de Jonquière a été découvert il y a quelques semaines. Son lien d’emploi a été rompu immédiatement. 

«La personne n’a jamais été inscrite au tableau de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec», confirme Joëlle Savard, porte-parole du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean.  

Pendant toutes ces années, la fausse infirmière qui ne semble pas avoir suivi de quelconque formation dans le domaine a pratiqué sans éveiller de soupçons. «À la suite de nos recherches, rien n’indique qu’elle avait reçu une formation. On émet certaines hypothèses. Elle a travaillé comme préposée aux bénéficiaires au sein de notre organisation au départ. On se demande si elle a pu apprendre en observant les infirmières travailler. Est-ce que le fait d’être entourée d’une équipe de soins professionnelle a pu pallier son manque de connaissance? Ce sont des hypothèses qu’on émet.» 

La supercherie a été découverte il y a quelques semaines dans le cadre d’une formation pour les infirmières. 

«On devait fournir le numéro de pratique des infirmières et un doute a été soulevé en raison d’une incohérence entre le numéro de permis et le lieu de pratique. Une enquête a été amorcée immédiatement et au terme de l’enquête, on s’est rendu compte qu’elle utilisait le numéro de pratique d’une autre personne qui travaille dans une autre institution de la région, raconte Joëlle Savard. Dès qu’un doute a été soulevé, elle a été retirée du milieu et ne pouvait plus poser aucun acte de soin. Dès qu’on a confirmé les choses, on a mis fin à son lien d’emploi.»

Le cas a été signalé à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.

«C’est une situation inacceptable, ce sont des gestes très graves qui ont été commis», soutient Joëlle Savard. 

Le CIUSSS évalue actuellement la possibilité de poursuivre la femme. «On considère les options. Exercer comme une infirmière quand on ne porte pas le titre, c’est illégal. Elle s’expose aussi à une poursuite du côté de l’ordre.» 

La porte-parole du CIUSSS assure que le permis de la fausse infirmière a été vérifié à maintes reprises en 20 ans.   

«Il est faux de dire qu’on n’a pas vérifié son permis pendant 20 ans. Chaque année, on vérifie le numéro de pratique de nos 3000 infirmières. Aucune infirmière ne peut se rendre sur les lieux de travail si son numéro de permis n’est pas valide. Elle a réussi à détourner le mécanisme parce qu’elle utilisait le numéro de quelqu’un d’autre. Le système avait des limites puisqu’il n’était pas en mesure de détecter les doublons. Des mesures correctrices ont tout de suite été mises en place afin que la situation ne se reproduise plus. C’est une personne très habile qui a falsifié des documents dans le but de tromper l’employeur», affirme-t-elle, soulignant que le CIUSSS ne fait aucun compromis quant à la sécurité de ses patients. «S’il faut mettre d’autres mesures en place pour éviter ce genre de situations, on va le faire.»