Jean-François Martel-Poliquin, impliqué dans un accident de la route à Larouche en août 2013, est l'unique responsable de cet événement qui a causé des blessures importantes à une dame de Sept-Îles.

Facultés affaiblies: Martel-Péloquin coupable

Jean-François Martel-Poliquin, impliqué dans un accident de la route à Larouche en août 2013, est l'unique responsable de cet événement qui a causé des blessures importantes à une dame de Sept-Îles. Et sa conduite avec les facultés affaiblies a largement contribué à cet événement.
Le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a rendu son verdict, jeudi matin au Palais de justice de Chicoutimi. L'homme de 35 ans de Lac-Kénogami est reconnu coupable de conduite avec les facultés et de conduite avec les facultés affaiblies causant des lésions corporelles. Les représentations sur sentence se dérouleront le 18 octobre alors que le rapport présentenciel sera remis aux parties.
Lors de la fatidique soirée, Martel-Poliquin, qui a déjà été reconnu coupable de conduite dangereuse, se dirige vers Alma sur l'autoroute 70. Il dit rouler à environ 110 kilomètres à l'heure. Il veut effectuer le dépassement d'une Oldsmobile 57 (voiture des victimes) lorsqu'il percute l'arrière du véhicule. 
La voiture antique est poussée dans le fossé séparant les quatre voies. La dame est blessée au point où l'on doit lui amputer une partie de la jambe.
Les témoins remarquent qu'une forte odeur d'alcool se dégage de l'haleine de l'accusé, qu'il a de la difficulté à s'exprimer et a la bouche pâteuse.
Plusieurs versions
Le juge Boudreault n'a pas cru la version de l'accusé. Il retient que Martel-Poliquin a offert différentes versions des événements. Il a d'abord dit à un témoin qu'il a consommé deux grosses bières sur l'heure du dîner, pour ensuite dire aux policiers ne pas avoir consommé et a témoigné en précisant qu'il a plutôt bu en fin d'après-midi et en début de soirée.
Dans son jugement de 20 pages, le juge précise que les diverses contractions des versions n'étaient pas de nature à rendre non crédible l'ensemble de son témoignage, mais plutôt que cela est de nature à affecter la crédibilité de son témoignage. 
Le magistrat rappelle aussi que l'accusé dit ne pas avoir vu le véhicule devant lui changer de voie, accusant la victime de lui avoir coupé le chemin.
« Vos explications sont non plausibles et non probantes. Je ne vous crois pas. »
« Le Tribunal ne peut autrement conclure que c'est uniquement l'affaiblissement de sa capacité de conduire qui explique l'accident. Sa conduite est hautement inhabituelle, voire imprudente », écrit le juge. 
Ce dernier ajoute que l'accusé a mal évalué sa vitesse, en raison de ses capacités affaiblies, et cela l'a empêché de réaliser qu'il circulait sur la voie lente de l'autoroute. 
Le magistrat a aus si précisé que les policiers avaient fait un excellent travail dans cette affaire et qu'il s'agissait d'agents expérimentés.
La défense compte aller en appel
Le criminaliste Dominic Bouchard prendra les prochains jours pour lire attentivement la décision du Tribunal et ira fort probablement en appel. 
Me Bouchard n'a pu assister à la séance du tribunal, jeudi matin, alors que Me Audrey Allard, de la Couronne, était déjà prête à faire sa plaidoirie sur la peine à imposer. Le juge Michel Boudreault a tout de même accepté de reporter le tout en octobre.
À sa sortie de la salle d'audience, Me Charles Cantin, qui a représenté son associé, a laissé voir que la probabilité d'un appel est envisagée. En soirée, Me Bouchard a confirmé l'information au Progrès.
D'autre part, le magistrat a précisé, dans sa décision, que la défense avait omis d'interroger les victimes sur les allégations de Martel-Poliquin, disant qu'on lui avait coupé le chemin.
Le juge a remarqué une forme d'accroc à la règle d'équité procédurale, qui a eu pour effet d'affecter la valeur probante des allégations de l'accusé.
« Le Tribunal note que la défense s'est abstenue de confronter en contre-interrogatoire les victimes et les témoins sur l'allégation selon laquelle la victime aurait effectué une manoeuvre dangereuse et coupé la route de l'accusé. »
« L'avocat qui entend mettre en doute la crédibilité et la sincérité d'un témoin opposé doit lui offrir l'opportunité de répondre et de s'expliquer durant son contre-interrogatoire sur les aspects importants du témoignage contradictoire à venir par la partie adverse », précise le juge Boudreault.
Rebondissements
L'affaire Martel-Poliquin a connu quelques rebondissements entre le début et la fin du procès. Tout a commencé lorsque l'accusé a demandé au juge Boudreault de se récuser étant donné qu'il craignait de ne pas être jugé de façon objective à la suite d'une de ses décisions dans l'affaire Yves Martin. Au final, le juge a refusé la demande et a pris la décision d'entendre le dossier.
Ensuite, le magistrat a rejeté une demande de la Couronne sur la possibilité d'ajouter un chef d'accusation de conduite avec un taux supérieur à la limite le matin du procès.
Finalement, le juge n'a pas véritablement tenu compte dans son verdict du fait qu'un deuxième croquis de l'accident avait été réalisé par un des policiers, mais que ce dessin, destiné à la Société d'assurance-automobile du Québec, n'ait jamais été produit et qu'il a été perdu. Ce croquis plaçait le lieu de l'accident sur la voie de droite plutôt que celle de gauche.